Lacunes de connaissances naturalistes produites et partagées en métropole

Lacunes de connaissances naturalistes produites et partagées en métropole

70 % des groupes d’espèces ont une répartition mal connue en métropole.

70 %

en 2020

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Nombre moyen par maille de groupes m?nnus
Proportion de groupes inférieurs au seuil d'expert par maille : tous taxons
Proportion de groupes inférieurs au seuil d'expert par maille : taxons classiques en inventaires
Proportion de groupes inférieurs au seuil d'expert par maille : taxons moins souvent inventoriés
Ventilation par groupes taxonomiques du nombre de mailles inférieures au seuil d'expert
Évolution de la proportion de groupes taxonomiques estimés mal inventoriés par maille
Nom complet de l'indicateur : Moyenne de la proportion de groupes taxonomiques estimés mal inventoriés par maille 10 x 10 km, sur le territoire métropolitain, d'après les données partagées dans le système d'information sur la nature et les paysages et disponibles sur l'INPN
Définition:
Cet indicateur présente la proportion moyenne par maille (10 x 10 km, sur un total de 5875 mailles) de groupes taxonomiques estimés mal inventoriés en France métropolitaine. Les 27 groupes considérés sont : Amphibiens, Angiospermes, Apoidea, Araneae, Autres mammifères, Bryophytes, Carabidae, Champignons basidiomycètes, Chiroptères, Coccinellidae, Dytiscidae et Hydrophylidae, Formicidae, Fougères, Gastéropodes, Hétérocères, Insectes aquatiques, Lichens, Longicornes, Odonates, Oiseaux (tous statuts), Oiseaux nicheurs , Orthoptères, Pentatomoidea, Reptiles, Rhopalocères, Scarabaeoidea et Lucanoidea, Syrphidae. L'indicateur suit l'acquisition et le partage des connaissances sur la distribution des espèces. Avec un pas de temps glissant des données (les 20 dernières années dans ce travail), l'indicateur peut évoluer dans les deux sens. Notamment, le nombre de groupes prospectés pourrait baisser si les prospections anciennes n'étaient pas "rafraichies" par de nouvelles observations. Les seuils établis représentent des minimums de richesses observées lors d'inventaires standards et ne peuvent pas être pris comme des seuils de complétude.
Milieux
Tous milieux
Politiques
A quelle(s) question(s) répond cet indicateur
Comment la connaissance sur la biodiversité évolue-t-elle en France ?
Interprétation de l'indicateur
En janvier 2020, d'après les informations naturalistes partagées au niveau national, on estime que, pour une maille 10 x 10 km de métropole, en moyenne 70 % des  groupes taxonomiques sont insuffisamment inventoriés. Pour les groupes plus populaires auprès des naturalistes, la situation est meilleure, mais 38 % des groupes restent insuffisamment connus (inventoriés) sur le territoire. La distribution de l'indicateur n'est pas homogène sur le territoire et met en évidence des régions et départements où le partage des connaissances est plus avancé. L'effort à produire dans le partage et l'acquisition de connaissance sur les espèces reste donc conséquent. Toutefois, grâce au SINP, on note une progression constante, puisqu'entre janvier 2016 et janvier 2020, le pourcentage moyen de groupes taxonomiques estimés mal connus (mal inventoriés) est passé de 85 % à 70 %. La légère remontée de la méconnaissance sur les neuf groupes les plus souvent utilisés dans les études naturalistes peut s’expliquer par le fait que les inventaires datant de plus de 20 ans ne sont pas pris en compte dans le calcul de cet indicateur. Si, depuis 20 ans, aucun inventaire n’a été entrepris sur ces groupes dans certains secteurs, cela a pour conséquence de faire augmenter la méconnaissance. Globalement, le partage des données apparaît comme le levier prioritaire pour améliorer la connaissance nationale, en particulier pour les groupes classiques en inventaires même s’il devrait améliorer aussi nettement la connaissance des groupes moins populaires. Il reste certainement de réelles lacunes de connaissance (secteurs géographiques qui manquent de prospection) mais, à l’échelle nationale, elles sont actuellement masquées par le déficit de partage des données.
Code indicateur SNB-F18-17-LCN1
Jeux d'indicateurs
Objectifs nationaux
Développer la recherche, organiser et pérenniser la production, l’analyse, le partage et la diffusion des connaissances Améliorer l’expertise afin de renforcer la capacité à anticiper et à agir, en s’appuyant sur toutes les connaissances
Objectifs européens
Objectifs européens : Maintenir et restaurer les écosystèmes et leurs services
Producteur : UMS PatriNat (AFB-CNRS-MNHN)
Origine des données : Les données d'occurrence des espèces sont issues de l'INPN/SINP. La source de données principale est l'index mailles de l'INPN et comprend la base de données rapportage Directive Habitats-Faune-Flore, la base de données rapportage Directive Oiseaux et la base de données Oiseaux nicheurs (atlas 2016). Cet index contient le résultat du croisement des données de l'INPN (précises ou communales, etc.) avec le maillage standard de 10 x 10 km.
Disponibilité des valeurs
Infra annuelle
Rupture de série
Non
Robustesse
Très robuste
Précision
Précis
Sensibilité
Très sensible
Accessibilité des données
Accessibles
Homogénéité des données
Assez homogènes
Fiabilité des données
Fiables
Pérennité des données
Pérenne
Abondance des données
Très abondantes
Niveau d'appropriation
Averti
Avantages
Simplicité de mise en œuvre de la méthode (seuil unique au niveau national). L’indicateur est spatialisé par construction. L’expertise utilisée permet d’avoir une mesure indépendante des données disponibles et d’obtenir rapidement des seuils crédibles au regard de la réalité de terrain. La sollicitation de plusieurs experts par groupe renforce la pertinence des seuils. Le pas de temps glissant de 20 ans permet de faire varier l’indicateur dans les deux sens.
Limites
L’indicateur, au niveau de chaque maille, est un indicateur binaire ne permettant pas de nuance dans la définition du niveau de méconnaissance. On ne mesure pas le niveau de « complétude » des inventaires. L’établissement des seuils par les experts est fondé sur un point de vue subjectif et influencé par l’expérience de terrain des différents experts. Le seuil unique national présente des limites dans le cas de forts gradients (souvent nord-sud) de richesse spécifique, comme c’est par exemple le cas pour les Reptiles ou les Papillons.
Piste d'améliorations
Les seuils d’expert pourront être réactualisés dans le temps afin de refléter les changements dans la perception des experts et l’évolution de la connaissance des taxons. Ils devront être consolidés par l’ajout d’autres avis d’experts, avec une recherche de consensus. L’approche présentée ici pourrait être développée à un grain géographique plus fin (maille 5 x 5 km, commune, voire polygone d’habitat), notamment pour des approches régionales (plate-forme SINP, Observatoires régionaux) afin d’orienter les prospections à cette échelle. L’évolution par maille de l’indicateur pourrait être calculée entre deux mises à jour ou sur une année. La même démarche pourrait être appliquée dans chaque DOM-COM mais ceci nécessiterait un travail spécifique à chaque territoire (démarche à piloter le cas échéant dans le cadre des Observatoires de la biodiversité de ces territoires).