État de conservation des habitats marins et côtiers

État de conservation des habitats marins et côtiers

6 % des écosystèmes marins et cotiers remarquables sont dans un bon état de conservation.

6 %

sur la période 2013-2018

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Pourcentage des habitats marins et côtiers en fonction de leur état de santé par région, version 2020
Déclinaison par grand milieu, version 2020
Nom complet de l'indicateur : Proportion des habitats marins et côtiers d'intérêt communautaire évalués qui sont dans un état de conservation favorable
Définition:
L'indicateur correspond à la proportion des évaluations des habitats marins et côtiers d'intérêt communautaire (listés dans l'annexe I de la directive « Habitats, Faune, Flore »), qui se trouvent dans un bon état de conservation par rapport au nombre total d'évaluations, en France métropolitaine. Il ne s’agit pas de la proportion d’habitats en bon état de conservation, mais de la proportion d’évaluations favorables, ce qui intègre la déclinaison par région biogéographique. L’unité d’évaluation est la région biogéographique ; en France, il y a deux régions biogéographiques en mer (Atlantique et Méditerranée) et quatre régions biogéographiques terrestres dont deux couvrent les habitats côtiers (Atlantique et Méditerranée).
Milieux
Milieux marins et littoraux
A quelle(s) question(s) répond cet indicateur
Comment la biodiversité marine et littorale évolue-t-elle en France ? Comment les éléments à enjeux de la biodiversité marine et littorale évoluent-ils en France ?
Interprétation de l'indicateur
Cet indicateur concerne les huit habitats marins (dont deux considérés comme prioritaires par la DHFF) et vingt-cinq habitats côtiers (dont quatre prioritaires) parmi les plus rares, menacés ou représentatifs, présents en France qui figurent dans l’annexe I de la directive Habitats-Faune-Flore. 6 % des habitats marins et côtiers évalués sont dans un état de conservation favorable sur la période 2007-2012. Toutes régions biogéographiques confondues, l’analyse de chaque paramètre montre que le paramètre « Aire de répartition » est majoritairement évalué comme favorable. Ce sont surtout les paramètres « Structure et fonction » et « Perspectives futures » qui ont été jugés défavorables inadéquat ou mauvais. Les résultats pour l’état du paramètre « Surface couverte » sont plus contrastés. Ce sont les habitats marins très côtiers qui sont les plus sujets aux pertes de surface comme les lagunes, les estuaires ainsi que les herbiers à posidonies et les plages de sédiments meubles en Méditerranée. A l’échelle des grands types de milieux, les évaluations des habitats marins et celles des habitats côtiers montrent sensiblement les mêmes répartitions d’états de conservation. Les évaluations favorables des habitats marins et des habitats côtiers sont de même ordre de grandeur (7 % et 6 % respectivement). Les habitats marins sont en revanche caractérisés par un manque de connaissance plus important (7 %) et qui, à l’échelle biogéographique, semble particulièrement marqué pour la région Marin Atlantique (17 %).
Code indicateur SNB-MML-17-CHL1
Jeux d'indicateurs
Biodiversité & milieux marins
Objectifs nationaux
Construire une infrastructure écologique incluant un réseau cohérent d’espaces protégés Préserver et restaurer les écosystèmes et leur fonctionnement Préserver les espèces et leur diversité Maîtriser les pressions sur la biodiversité Assurer l’efficacité écologique des politiques et des projets publics et privés
Producteur : UMS PatriNat (AFB-CNRS-MNHN). CGDD/SDES.
Origine des données : Les données sources sont issues de l'évaluation périodique de l'état de conservation de chaque habitat d'intérêt communautaire pour chaque région biogéographique, réalisée dans le cadre de l'article 17 de la directive « Habitats, Faune, Flore ». Ces évaluations ont lieu tous les six ans (2007, 2013, 2019…) et font l’objet d’une expertise collective coordonnée par le MNHN, désormais l'UMS PatriNat (MNHN-AFB-CNFRS). Les évaluations sont fondées sur les meilleures données et études disponibles, ainsi que sur l'avis d'experts. Pour les habitats marins, c’est l'UMS PatriNat qui anime l’expertise, mobilisant plusieurs issus des universités, des stations marines, des établissements publics et des instituts de recherche. L'indicateur concerne l'ensemble du territoire métropolitain et pas seulement les sites Natura 2000. En France, l’évaluation 2019 (période 2013-2018) a porté sur neuf habitats marins (dont deux prioritaires) et vingt-cinq habitats côtiers (dont quatre prioritaires). En croisant avec les régions biogéographiques, ceci représente respectivement seize et trente-trois évaluations d’habitats.
Disponibilité des valeurs
> 5 ans
Rupture de série
Non
Robustesse
Robuste
Précision
Assez précis
Sensibilité
Peu sensible
Efficacité
Très efficace
Accessibilité des données
Accessibles
Homogénéité des données
Assez homogènes
Fiabilité des données
Assez fiables
Pérennité des données
Pérenne
Abondance des données
Abondantes
Coût de mobilisation
Coût faible
Niveau d'appropriation
Averti
Avantages
L'indicateur est construit à partir d'une méthodologie explicite, reproductible et partagée à travers les Etats membres de l'Union européenne. Il fait appel à une large expertise et couvre une gamme diversifiée d’habitats naturels et semi-naturels à fort enjeux de conservation. Il permet une analyse à la fois globale, par région biogéographique et par type d'habitat. Cet indicateur est particulièrement intéressant pour un suivi en continu des Stratégies Nationales pour la Biodiversité (SNB) successives sur le long terme. L’indicateur représente une bonne partie de la diversité des milieux et écosystèmes marins et côtiers présents en France métropolitaine.
Limites
L’indicateur concerne les habitats d’intérêt communautaire tels que définis dans la directive Habitats-faune-flore. Il n’est donc pas complètement représentatif de l’état des écosystèmes français, même si le panel d’habitats est diversifié et intègre des milieux répandus. Le niveau de description des habitats génériques sur lequel se base l’évaluation est très variable pour les habitats marins (ex : herbiers de posidonies et récifs). La fréquence de mise à jour est assez importante (six ans), mais réaliste pour un suivi efficace des changements des écosystèmes. En contrepartie, l'indicateur est peu sensible à court et moyen termes, d’autant que la France ne dispose pas d’une cartographie des habitats, ni d’un dispositif de surveillance de leur état, sauf cas particuliers. Pour l’évaluation de l’état d’un habitat dans une région biogéographique, la méthode d’agrégation des quatre paramètres, où le plus mauvais détermine l’état général (principe de précaution), rend mécaniquement la méthode peu sensible à des améliorations de faible ampleur. Certains critères d’évaluation comme la surface ne sont pas représentatifs pour tous les habitats. Par exemple l’habitat « grottes marines » (8330) est rarement soumis à une réduction de sa surface. Les améliorations de la connaissance et la consolidation de l’expertise peuvent générer des changements de l’indicateur sans qu’il y ait de réel changement écologique. Des informations qualitatives permettent d’identifier ce phénomène et de relativiser l’interprétation. Le résultat global agrégé doit aussi être interprété avec prudence du fait de la diversité des situations possibles sur l'état de conservation d'un habitat pour une même conclusion.
Piste d'améliorations
Il serait nécessaire d'améliorer la robustesse de cette évaluation en mettant en place une surveillance raisonnée des habitats à l’échelle du territoire français. A moyen terme, ces évaluations doivent être fondées davantage sur des données, notamment en réalisant une cartographie nationale des habitats, et en standardisant les variables à suivre en matière de structure et de fonctionnement de l’habitat.