Évolution du nombre moyen d’espèces exotiques envahissantes par département métropolitain

Évolution du nombre moyen d’espèces exotiques envahissantes par département métropolitain

Depuis 1982, un département de métropole compte en moyenne 12 espèces exotiques envahissantes de plus tous les dix ans.

+ 12 espèces envahissantes

en 2021

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Origine des données : INPN/SINP juin 2021 / Traitements : UMS PatriNat (OFB-CNRS-MNHN)
Origine des données : INPN/SINP juin 2021 / Traitements : UMS PatriNat (OFB-CNRS-MNHN)
Origine des données : INPN/SINP juin 2021 / Traitements : UMS PatriNat (OFB-CNRS-MNHN)
Origine des données : INPN/SINP juin 2021 / Traitements : UMS PatriNat (OFB-CNRS-MNHN)
Origine des données : INPN/SINP juin 2021 / Traitements : UMS PatriNat (OFB-CNRS-MNHN)
Origine des données : INPN/SINP juin 2021 / Traitements : UMS PatriNat (OFB-CNRS-MNHN)
Nom complet de l'indicateur : Évolution moyenne du nombre d’espèces exotiques envahissantes par département métropolitain, sur la base d’un panel de 84 espèces, sur une période de 10 ans, calculée à partir des 40 dernières années
Définition:

L'indicateur renseigne sur l'évolution moyenne du nombre d'espèces exotiques envahissantes par département en métropole, parmi un panel de 84 espèces, sur une période de 10 ans calculée à partir des 40 dernières années.

Milieux
Agriculture et milieux associés
Forêts
Milieux humides
Milieux marins et littoraux
Milieu montagnard
Milieu urbain
Pressions
Espèces exotiques envahissantes
Politiques
Maitrise des pressions liées aux activités humaines
Santé, solidarité, justice
A quelle(s) question(s) répond cet indicateur
Comment les éléments de la biodiversité identifiés comme majeurs évoluent-ils en France ?
Comment évoluent les pressions majeures que notre société fait peser sur la biodiversité ?
Interprétation de l'indicateur

L’introduction d’espèces sur un nouveau territoire peut parfois s’avérer impactant pour la biodiversité, la santé ou l’économie. Ces espèces introduites peuvent, pour certaines d’entre-elles, devenir envahissantes. Ce phénomène est considéré au niveau mondial comme une cause importante de perte de biodiversité. L’indicateur documente la dynamique spatiale (expansion, stabilisation, recul éventuel) d’un large panel d’espèces reconnues pour leur caractère envahissant, à partir de données d’observation de sources multiples. L'indicateur tient compte et essaie de corriger les biais liés à la connaissance inégale dans le temps et l'espace. Ainsi, on constate une nette progression du nombre moyen d'espèces exotiques envahissantes par département, avec une accélération depuis 30 ans. En moyenne, un département français a été colonisé par 12 espèces exotiques envahissantes tous les 10 ans (sur une liste de 84 espèces prises en compte dans cet indicateur).

Code indicateur SNB-D11-16-EEM1
Type d'indicateur : Indicateur phare
Jeux d'indicateurs
Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) - Nature
Objectifs nationaux
Maîtriser les pressions sur la biodiversité
Préserver les espèces et leur diversité
Préserver et restaurer les écosystèmes et leur fonctionnement
Développer la recherche, organiser et pérenniser la production, l’analyse, le partage et la diffusion des connaissances

UMS PatriNat (AFB-CNRS-MNHN), avec la collaboration de la FCBN

L’analyse porte sur un pool d’espèces introduites de faune et de flore considérées comme envahissantes, présentes sur le territoire métropolitain ou inscrites sur la liste initiale de l’Union européenne (règlement n°1143/2014). Ces espèces sont référencées dans des bases de données nationales (Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN)) ou internationales (Delivering Alien Invasive Species Inventories for Europe (DAISIE), European Alien Species Information Network (EASIN), Global Invasive Species Database (GISD)). Le choix des taxons porte sur les critères suivants, permettant d’avoir un panel varié : - espèces à impact documenté en France ou dans d’autres territoires (selon les bases de données relatives aux EEE) ; - une diversité de groupes taxonomiques (vertébrés, invertébrés et flore) ; - des espèces terrestres et des espèces aquatiques ; - un stade d’expansion en France indifférent (émergent, moyennement ou largement répandu). Les données de distribution des espèces exotiques envahissantes (EEE), ainsi que les données permettant d’estimer les niveaux d’échantillonnage, sont issues de la base de données de l’INPN indexée par département. Elles proviennent de nombreux jeux de données diffusés dans l’INPN qui assure le rôle de plate-forme nationale du SINP. Certaines espèces font l’objet de programmes de suivis, dédiés ou non ; d’autres relèvent de données « opportunistes ». L’étude est restreinte aux données de France métropolitaine dans le domaine continental de 1952 à 2021. Sont extraites toutes les données de présence des taxons de la liste de référence de 84 espèces citées (incluant les 37 espèces de la règlementation européenne, dont la liste a été publiée en juillet 2016).

Disponibilité des valeurs
Annuelle
Rupture de série
Non
Robustesse
Assez robuste
Précision
Précis
Sensibilité
Sensible
Efficacité
Efficace
Accessibilité des données
Accessibles
Homogénéité des données
Assez homogènes
Fiabilité des données
Fiables
Pérennité des données
Pérennité garantie
Abondance des données
Abondantes
Coût de mobilisation
Coût faible
Niveau d'appropriation
Averti
Avantages

Il pourrait être intéressant de poursuivre ces travaux : en consolidant la liste d'EEE à suivre, incluant des espèces pas encore envahissantes mais à surveiller ; en déconsolidant l’indicateur pour distinguer par exemple : faune/ flore, aquatique / terrestre ; en illustrant l’indicateur avec des espèces bénéficiant de programmes de suivi précis.

Limites

Ne traduit que la dimension spatiale à large échelle de l’expansion des EEE, mais ne traduit pas l’abondance des EEE ni leur impact sur la biodiversité. Complexité de la méthode qui doit compenser pour le biais de connaissance, causé par l’absence de protocole dédié au suivi des EEE en France. Biais de connaissance pris en compte par un proxy assez grossier, qui mélange les données faune et flore, alors que les dynamiques de prospections (et remontées de données) sont différentes pour chaque groupe (y compris au sein de la faune, selon les taxons). Il peut y avoir eu dans les périodes récentes des efforts d’inventaire spécifiques sur les EEE, non traduits dans le proxy sur l’effort d’échantillonnage. Recalcul de l’ensemble de la série de donnée pour actualiser l’indicateur, qui peut ainsi être sensible à l’enrichissement de l’INPN par des jeux de données nouveaux.

Piste d'améliorations

Il pourrait être intéressant de poursuivre ces travaux : • en consolidant la liste d'EEE à suivre, incluant des espèces pas encore envahissantes mais à surveiller ; • en déconsolidant l’indicateur pour distinguer par exemple : faune/ flore, aquatique / terrestre ; • en illustrant l’indicateur avec des espèces bénéficiant de programmes de suivi précis.

Carte dynamique de l'indicateur

Carte dynamique de l'indicateur

De nombreuses espèces animales et végétales colonisent aujourd’hui les milieux de métropole tels que le Ragondin (Myocastor coypus), l’Écrevisse de Louisiane (Procambarus clarkii), la Grenouille taureau (Lithobates catesbeianus), l’Ambroisie ou encore les Jussies (Ludwigia sp.)

Ces espèces sont susceptibles de perturber les processus écologiques des espèces autochtones en altérant le fonctionnement des écosystèmes. Par exemple, les Jussies (Ludwigia Peploides et Ludwigia grandiflora) causent d’importantes nuisances dans les milieux stagnants (plans d’eau, canaux) ou à faible débit, depuis leur introduction au XIXème siècle à des fins ornementales dans des bassins d’agrément. En Méditerranée, la Caulerpe (Caulerpa taxifolia) concurrence quant à elle les herbiers de posidonies.

Elles peuvent, par ailleurs, affecter la composition des écosystèmes en provoquant la régression, voire l’extinction d’espèces indigènes et pénaliser les rendements agricoles, le renouvellement des stocks halieutiques mais aussi avoir des répercussions sur la santé humaine en provoquant des allergies, comme c’est le cas de l’Ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia) ou en favorisant la transmission de virus et bactéries.

Certaines espèces présentent des dynamiques d’invasion très rapide. Tel est le cas pour le Frelon asiatique (Vespa velutina nigrithorax). Cet arthropode est arrivé accidentellement dans le Lot-et-Garonne en 2004 avec des poteries importées de Chine. Aujourd’hui cet insecte a envahi plus de la moitié de la France, atteignant d’autres pays tels que l’Espagne, le Portugal, la Belgique, l’Italie, l’Allemagne ou encore l’Angleterre, causant des dégâts important à la fois dans les vergers, en se nourrissant des fruits mais aussi chez les insectes pollinisateurs, comme l’abeille.