Proportion d'espèces de poissons migrateurs amphihalins de métropole éteintes ou menacées dans la Liste rouge nationale

Proportion d'espèces de poissons migrateurs amphihalins de métropole éteintes ou menacées dans la Liste rouge nationale

46 % des espèces de poissons amphihalins de France métropolitaine sont éteintes ou menacées d’extinction.

46 %

en 2019

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Origine des données : UICN Comité français, MNHN, SFI & AFB (2019). La Liste rouge des espèces menacées en France - Chapitre Poissons d'eau douce de France métropolitaine. Paris, France. Traitements : OFB, juillet 2021.
Origine des données : UICN Comité français, MNHN, SFI & AFB (2019). La Liste rouge des espèces menacées en France - Chapitre Poissons d'eau douce de France métropolitaine. Paris, France. Traitements : OFB, juillet 2021.
Origine des données : UICN Comité français, MNHN, SFI & AFB (2019). La Liste rouge des espèces menacées en France - Chapitre Poissons d'eau douce de France métropolitaine. Paris, France. Traitements : OFB, juillet 2021.
Nom complet de l'indicateur : Pourcentage d’espèces de poissons migrateurs amphihalins en catégories éteintes (EX, EW, RE) ou menacées (EN, CR, VU) dans la liste rouge UICN-MNHN-SFI-AFB (2019) des poissons d’eau douce pour la France métropolitaine
Définition:

Les poissons migrateurs amphihalins présentent la particularité d’effectuer des migrations entre le milieu marin et l’eau douce pour accomplir leur cycle de vie. Faute de connaissances suffisantes, l'état des poissons migrateurs amphihalins pendant leur période de vie marine n'est pas évalué. L'indicateur est calculé à partir de la liste rouge des poissons d'eau douce de France métropolitaine (UICN-MNHN-SFI-AFB, 2019). Treize espèces de poissons sont concernées par cet indicateur : l’esturgeon européen (Acipenser sturio), l’anguille européenne (Anguilla anguilla), le saumon atlantique (Salmo salar), la grande alose (Alosa alosa), l’alose feinte atlantique (Alosa fallax), l'alose feinte de Méditerranée (Alosa agone), la lamproie marine (Petromyzon marinus), la lamproie fluviatile (Lampetra fluviatilis), la truite commune (Salmo trutta), le flet européen (Platichthys flesus), le mulet porc (Chelon ramada), l'éperlan européen (Osmerus eperlanus), ainsi que l'esturgeon noir (Acipenser oxyrinchus), une espèce aujourd'hui considérée comme éteinte en France (RE).

L'état écologique des poissons migrateurs amphihalins témoigne de la connectivité biologique et écologique entre et au sein des milieux marins et les cours d'eaux, de la qualité des habitats essentiels à la réalisation de leur cycle biologique et de l’ensemble des autres pressions subies dans l’un ou l’autre des milieux. Les populations sont en déclin depuis plusieurs décennies, parfois siècles. Les populations de poissons migrateurs amphihalins sont protégées, de façon directe ou indirecte, par de nombreuses mesures réglementaires nationales, européennes et internationales (protection des espèces, encadrement de la pêche, protection des habitats, restauration de la continuité, …). L'arrêté du 8 décembre 1988 fixant la liste des espèces de poissons protégées sur l'ensemble du territoire national inclut la lamproie marine, la lamproie fluviatile, le saumon atlantique, la truite de mer, la grande alose et l'alose feinte (depuis, l'alose feinte atlantique et l'alose feinte de Méditerranée sont considérées comme 2 espèces distinctes). Malgré ces mesures réglementaires et la mise en œuvre de divers plans de gestion de sauvegarde des eaux ou de certaines espèces cibles, les populations sont en déclin depuis plusieurs décennies, ce qui a conduit à une mobilisation internationale au titre des espèces menacées (Directive Habitats-Faune-Flore, règlement européen anguille, CITES, ...). Les poissons amphihalins sont sensibles à une diversité de pressions au cours de leurs cycles biologiques. Les pressions ayant des effets néfastes directs sur le plus grand nombre d'espèces sont : la pollution (contaminants), la pêche (prises accessoires, pêche récréative et professionnelle, braconnage), la présence de barrages dans les cours d'eau et la dégradation de leurs habitats. D'autres pressions telles que la dégradation du réseau trophique, la présence d'espèces non-indigènes (notamment des parasites), les déchets et le bruit sont également susceptibles d'impacter certaines de ces espèces.
Milieux
Milieux marins et littoraux
Pressions
Pollutions
Destruction et fragmentation des habitats
Exploitation des ressources
Espèces exotiques envahissantes
Changement climatique
Politiques
Gestion des espaces naturels
Maitrise des pressions liées aux activités humaines
Action internationale et climatique
A quelle(s) question(s) répond cet indicateur
Interprétation de l'indicateur
L'état des populations de poissons amphihalins en métropole est très préoccupant, puisque près de la moitié des espèces de poissons migrateurs amphihalins sont menacées d'extinction (dont une espèce, l'esturgeon noir, est considérée comme éteinte en France). Dotés d’une très forte valeur patrimoniale et économique, la plupart de ces poissons, considérés comme des témoins de la qualité et du fonctionnement des cours d’eau, font l’objet depuis plusieurs décennies de mesures de conservation. Malgré les efforts engagés, les populations poursuivent leur déclin. Entre 2010 et 2019, le statut de conservation ne s'est amélioré pour aucune des 13 espèces (pas de changement favorable véritable de catégorie UICN), et l'état de 2 d'entre elles (la grande alose et la lamproie marine) s'est dégradé (changement de catégorie UICN défavorable). Cette évaluation nationale ne rend cependant pas compte des situations contrastées pouvant exister à l'échelle de certain bassin versant.
Une diminution de la valeur de l'indicateur est le signe d'une amélioration de l'état de conservation des espèces de poissons amphihalines de métropole.
Code indicateur SNB-MML-AMP-21
Jeux d'indicateurs
Biodiversité & milieux marins
Objectifs nationaux
Préserver les espèces et leur diversité
Construire une infrastructure écologique incluant un réseau cohérent d’espaces protégés
Préserver et restaurer les écosystèmes et leur fonctionnement
Objectifs européens
Conservation de la nature : mise en œuvre complète des directives "nature"
Assurer une utilisation durable des ressources de la pêche
L'OFB calcule l'indicateur à partir de la liste rouge nationale produite par PatriNat (OFB-CNRS-MNHN) et le comité français de l'UICN.
PatriNat (OFB-CNRS-MNHN), comité français de l'UICN, SFI, AFB (2019) : La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Poissons d’eau douce de France métropolitaine. Paris, France, 16 p.
Disponibilité des valeurs
> 5 ans
Rupture de série
Non
Méthodologie :

L'évaluation des espèces est réalisée par groupe taxonomique et par territoire. Les groupes évalués sont ceux pour lesquels le niveau de connaissance et les données disponibles et mobilisables sont suffisants. Les évaluations sont conduites en partenariat avec les établissements publics et les associations naturalistes concernés par le groupe évalué. Les données brutes mobilisées sont des effectifs, des données de distribution géographique, des tendances d’évolution des populations, etc.
L’indicateur repose sur les données du chapitre "Poissons d’eau douce de France métropolitaine" de la Liste rouge des poissons d'eau douce de France métropolitaine. Ce travail est coordonné par le comité français de l’UICN et par le Muséum national d'Histoire naturelle (UMS PatriNat), qui évalue le risque de disparition des espèces à l’échelle du territoire français. Ces données d'évaluation sont disponibles en ligne sur l'INPN :
UICN Comité français, MNHN, SFI & AFB (2019). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Poissons d’eau douce de France métropolitaine. Paris, France, 16 p. accessibles ici

Le tableau de synthèse des résultats de la Liste rouge pour les poissons d’eau douce de France métropolitaine est également disponible sur le site de l’UICN-France :  accessible ici
L'indicateur n'utilise pas les résultats de l'évaluation DCSMM (descripteur 1) pour les poissons amphihalins car seules 6 espèces sont évaluées dans le cadre de la DCSMM.

Catégories de menace
Les catégories sont définies en fonction de critères et de valeurs seuils relatifs au risque d'extinction : effectifs, nombre d'individus matures, superficie et degré de fragmentation de l'aire de répartition... La méthode est conçue pour permettre l'évaluation du maximum d'espèces en limitant l'impact des critères non applicables par manque de connaissances. La méthodologie complète est téléchargeable sur le site de l'UICN : elle est accessible ici.

Indice de risque d'extinction
L’évolution du statut de conservation des poissons amphihalins entre 2010 et 2019 a pu être mesurée en calculant un indice de risque d’extinction à partir de l’Indice Liste Rouge (Red List Index en anglais) de ces groupes.
Le calcul de l'Indice Liste Rouge de survie des espèces se fait pour chaque évaluation. Pour le calculer, il faut multiplier le nombre d’espèces dans chaque catégorie Liste Rouge par le poids associé à cette catégorie (0 pour LC, 1 pour NT, 2 pour VU, 3 pour EN, 4 pour CR, 5 pour RE, EW et EX). On ne tient pas compte des espèces en catégorie DD. La somme de ces produits est ensuite divisée par le produit du nombre d’espèces total associé au poids maximum (5). Ce total correspond directement à l'Indice Liste Rouge de survie. Celui-ci est soustrait de 1 pour calculer l'Indice de risque d'extinction (Butchart et al., 2007).
Selon les instructions de Bubb et al. (2009), les espèces évaluées comme éteintes (EX) à la première évaluation ne doivent pas être prises en compte. Par contre les espèces disparues régionalement (RE) doivent l’être (Juslén et al., 2016), puisqu’elles pourraient être redécouvertes au fur et à mesures des évaluations.
Les changements de statut de conservation peuvent être dus à des changements autres que véritables (c’est-à-dire ne traduisant pas une réelle modification de leur état de conservation), par exemple suite à l’amélioration des connaissances ou à des changements de méthodologie. Pour ces espèces dont le changement de catégorie de conservation n’était pas véritable, nous avons considéré de manière conservatrice que le statut de la dernière évaluation s’appliquait également à la première évaluation (voir Szabo et al., 2012 pour une approche similaire).
Les espèces pour lesquelles les données étaient insuffisantes (statut DD) pour déterminer un statut de conservation ou appartenant à la catégorie non applicable (NA) lors des deux évaluations n’ont pas été incluses dans ce calcul. Les espèces nouvellement évalués qui ont été catégorisées comme DD ou NA n’ont pas été incluses non plus.

Robustesse
Robuste
Précision
Précis
Sensibilité
Assez sensible
Efficacité
Efficace
Accessibilité des données
Facilement accessibles
Homogénéité des données
Très homogènes
Fiabilité des données
Fiables
Pérennité des données
Pérenne
Abondance des données
Assez abondantes
Coût de mobilisation
Coût faible
Niveau d'appropriation
Familier
Avantages

Méthodologie de l'indicateur UICN

Limites
Le fait que l'indicateur soit basé uniquement sur la liste rouge UICN des poissons d'eau douce ne pose pas de problème car pour 11 espèces sur 13, la fraction amphihaline représente la fraction majoritaire de la population de métropole. Il y a néanmoins 2 exceptions pour la truite commune et le flet européen. La truite de mer est la fraction amphihaline minoritaire de l'espèce truite. Le statut de la truite commune en eau douce ne reflète donc pas le statut de la truite de mer. Le flet européen est à l'inverse une espèce essentiellement marine, mais, comme la truite de mer, seule une fraction minoritaire est amphihaline. Pour cette espèce, le statut en eau douce reflète bien le statut de la fraction amphihaline de la population de flet européen.
Piste d'améliorations
La production d'une liste rouge des poissons marins par l'UICN, si les données acquises en mer étaient suffisantes, permettrait d'évaluer le statut de la truite de mer sensu stricto.