Évolution de l'état des récifs coralliens

Évolution de l'état des récifs coralliens

Le recouvrement en corail vivant a diminué dans 29 % des stations suivies, d'après le dernier bilan établi en 2017.

29 %

en 2017

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IFRECOR, 2017 via les points focaux des DOM/COM du réseau d'observation des récifs coralliens. Traitement : IFRECOR & SDES, juin 2018.
IFRECOR, 2017 via les points focaux des DOM/COM du réseau d'observation des récifs coralliens. Traitement : IFRECOR, mai 2018.
Nom complet de l'indicateur : Proportion des stations de suivis des récifs coralliens dans les Outre-mer français dont le recouvrement en corail vivant est en diminution
Définition:

Le pourcentage de recouvrement corallien vivant reflète l'état de vitalité des récifs. Compte tenu de la variabilité très importante des valeurs de pourcentage de corail vivant selon les collectivités, qui contribue à caractériser l’état de santé, il a semblé préférable de sélectionner un indicateur plus générique : le pourcentage de stations des récifs coralliens dans les outre-mer français dont le recouvrement en corail vivant est stable ou en augmentation. Pour chaque station, la tendance évolutive du recouvrement en corail vivant est analysée. Cette analyse permet de calculer un pourcentage global à l’échelle de l’ensemble des outre-mer.

Milieux
Milieux marins et littoraux
Politiques
Gestion des espaces naturels
Maitrise des pressions liées aux activités humaines
A quelle(s) question(s) répond cet indicateur
Comment évoluent les spécificités outre-mer en matière de milieux humides ?
Interprétation de l'indicateur

L’indicateur est nouveau. Un certain recul va être nécessaire pour définir précisément les modalités de son interprétation. Les évolutions majeures qui affectent les taux de recouvrement en corail vivant résultent des évènements naturels (cyclones, épisodes de blanchissement, infestations d’Acanthaster planci L. - ou astérie couronne d'épine -, blooms algaux), des pressions anthropiques et du réchauffement climatique, avec une chute plus ou moins brutale du recouvrement en coraux vivants suite à ces évènements, puis une reprise plus ou moins rapide de la colonisation. La valeur de 29 % recouvre des réalités hétérogènes, puisqu'elle fluctue de 19 à 60 % en fonction des collectivités. Seules 82 stations des 691 référencées dans les Outre-mer français sont prises en compte dans son estimation. Cette valeur rend difficilement compte des différences entre les COM. A l’échelle nationale 29% des stations suivies montrent une diminution du recouvrement corallien. Cette évaluation est partielle et diffère fortement entre territoire. Elle ne tient pas compte des derniers évènements extrêmes (cyclones Antilles 2017, épisode de blanchissement des coraux Indo-Pacifique 2016-2017). La prochaine mise à jour devrait permettre une extension du périmètre pour inclure Saint-Barthélemy et les îles Éparses.

Code indicateur SNB-B06-12-SCO1
Type d'indicateur : Indicateur phare
Jeux d'indicateurs
Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) - Nature Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) - Spécificités outre-mer Biodiversité & milieux humides Biodiversité & milieux marins Biodiversité & outre-mer
Objectifs nationaux
Préserver les espèces et leur diversité
Préserver et restaurer les écosystèmes et leur fonctionnement
Objectifs européens
Maintenir et restaurer les écosystèmes et leurs services
Contribuer à éviter la perte de biodiversité globale

IFRECOR, via les points focaux des DOM/COM du réseau d'observation des récifs coralliens

Les données sources sont issues du suivi de l’état de santé des récifs coralliens des outre-mer français, portés par les différents organismes présentés ci-dessous. Selon le réseau de surveillance, il existe plusieurs niveaux de précision des protocoles de suivi sur le terrain. Ceux utilisés pour l’indicateur sont : le niveau « expert/scientifique » ; le niveau « sciences participatives » (équivalent Reef check). Sur les 691 stations du réseau de surveillance, 81 stations ont été retenues, pour les raisons suivantes : seules les stations dont les données étaient disponibles ont pu être analysées ; seules les stations respectant les conditions nécessaires à l’étude de l’évolution du pourcentage de recouvrement ont été conservées (3.2.4.2). Certaines stations ont été retirées à dire d’expert, en raison d’une modification du positionnement de la station ou de la redondance avec une station proche. Les experts sollicités et personnes ressources par collectivités sont : Guadeloupe : Franck Mazéas (DEAL Guadeloupe), Rémi Garnier (PARETO pour Reef Check France) ; Îles Éparses : Cédric Marteau (TAAF), Sophie Marinesque (TAAF), Lionel Bigot (Université de La Réunion) ; La Réunion : Lionel Bigot (Université de la Réunion), Guillaume Malfait (DEAL Réunion), Karine Pothin (GIP RNNMR), Bruce Cauvin (GIP RNMR), Jean-Pascal Quod (ARVAM/PARETO pour Reef Check France) Collecteurs des données du suivi de l'état de santé des récifs coralliens de La Réunion "espèces benthiques sessiles" LIT GCRMN 1998-2015 : Lionel Bigot 1, Bruce Cauvin 2, Rémy Garnier 3, Dominique Hibon 4, LEGRAS Mikaël Legras 4, Kim Mete 3, Pierre-Yves Milleliri 4, Marylène Moyne-Picard 4, Odile Naim 5 1 UMR ENTHROPIE ; 2 Groupement d'Intérêt Public : Réserve Nationale Marine de La Réunion (GIP RNMR) ; 3 Agence pour la recherche et la valorisation marine (ARVAM) ; 4 Association Parc Marin de La Réunion (APMR) ; 5 Laboratoire d’écologie marine de l’Université de La Réunion (ECOMAR) Martinique : Jean-Philippe Maréchal (OMMM) et Fabien Védie (DEAL Martinique) Mayotte : Guillaume Decalf (DEAL Mayotte), Alexandra Gigou (PNMM), Jean-Benoît Nicet (GIE Marex), Julien Wickel (GIE Marex), Jean-Pascal Quod (ARVAM/PARETO pour Reef Check France) Nouvelle-Calédonie : Sandrine Job, Laurent Wantiez (UNC), Franck Connan (DAFE NC) Polynésie : Serge Planes (CRIOBE), Joachim Claudet (CRIOBE), Yannick Chancerelle (CRIOBE) Saint-Martin : Nicolas Masclach (RN Saint-Martin), Julien Chalifour (RN Saint-Martin), Franck Mazéas (DEAL Guadeloupe), Rémi Garnier (PARETO pour Reef Check France). Wallis et Futuna : Atoloto Malau (DENV), Joachim Claudet (CRIOBE) et Yannick Chancerelle (CRIOBE)

Disponibilité des valeurs
> 5 ans
Rupture de série
Temporelle
Robustesse
Robuste
Précision
Assez précis
Sensibilité
Assez sensible
Efficacité
Assez efficace
Accessibilité des données
Assez accessibles
Homogénéité des données
Assez homogènes
Fiabilité des données
Fiables
Pérennité des données
Pérenne
Abondance des données
Assez abondantes
Coût de mobilisation
Coût faible
Niveau d'appropriation
Familier
Avantages

L’indicateur peut être calculé à partir de plusieurs protocoles de suivi (expert et sciences participatives). Il est basé sur des variations temporelles donc ne présente pas de problème de définition de seuil. La synthèse de l’information est réalisée à partir d’une valeur facile à calculer et bien connue : le pourcentage de recouvrement en corail vivant. Il existe de très nombreuses données disponibles. La méthode de calcul est simple et ne fait pas appel à une combinaison d’indicateurs difficile à interpréter. Les méthodes statistiques pour l’étude de l’évolution sont robustes.

Limites

La valeur de l'indicateur est issue des données collectées et mises à disposition en 2017. Seules 82 stations sur environ 691 existantes ont pu être intégrées dans ce calcul. Cette valeur illustre donc une réalité partielle. L'intégration de nombreuses nouvelles stations doit continuer. L’indicateur rend compte des stations suivies dans les COM mais pas forcément de l’état de l’ensemble des COM. Cela dépend du nombre de stations suivies et de l’homogénéité de chaque COM. L’indicateur ne donne qu’une image partielle de l’état de santé des récifs : il n’y a pas d’information sur les communautés benthiques présentes ni sur les formes coralliennes, ni sur les poissons ou les invertébrés mobiles. Pour rendre compte de l’état de santé et de la diversité des récifs, un indicateur composite devra être construit sur la base de métriques complémentaires. L’échelle de calcul pour l’outre-mer (échelle nationale) est simplificatrice pour plusieurs raisons. Les évolutions du recouvrement corallien peuvent être très différentes entre les collectivités et l’indicateur, qui est une valeur globale, ne reflète pas forcement l’évolution locale du recouvrement corallien. La surface des récifs coralliens des différentes collectivités n’est pas comparable et le nombre de stations disponibles par collectivité n’est pas représentatif de ces surfaces. L’interprétation de la valeur globale est complexe et va nécessiter un temps de réflexion avec les experts. Il est possible qu’on se rende compte que l’échelle nationale n’est pas pertinente et qu’il est plus conforme à la réalité de traiter l’indicateur à l’échelle régionale / collectivité. La puissance de l’indicateur et sa capacité à détecter une dégradation sont très variables en fonction des protocoles de suivis et de la variabilité des données. En Polynésie française et à Wallis-et-Futuna, le protocole est constitué de 20 réplicats et peut donc mettre en évidence de faibles diminutions de recouvrement du corail vivant entre les années, contrairement aux protocoles de la Réunion, Mayotte et de la Nouvelle-Calédonie qui disposent de seulement 3 ou 4 réplicats et peinent à mettre en évidence des différences entre années. Les particularités des données de chaque collectivité entrainent des limites de pertinence pour les modèles qui sont différentes en fonction des collectivités. Certaines collectivités manquent de stations de suivi ou de données par stations. D’autres collectivités disposent de nombreuses données mais le protocole donne une information peu précise en raison d’un nombre de réplicats faible. Le recouvrement corallien peut être assez variable entre les réplicats d’une même station. S’il n’y a que 3 ou 4 réplicats, les modèles statistiques vont peiner à mettre en évidence des différences annuelles. Avec peu de réplicats par station, les modèles sont peu puissants et l’indicateur est donc peu précis. Enfin, certaines séries sont trop courtes et ne permettent pas de définir des tendances, surtout pour les faibles recouvrements coralliens qui restent stables, mais peuvent résulter d’une forte chute antérieure au début du suivi temporel. L’indicateur rassemble les stations dont l’évolution du recouvrement corallien est stable ou en augmentation. Il y a beaucoup de situations différentes derrière une évolution stable ou en augmentation. Toutes les tendances, stables notamment, ne veulent pas forcément dire la même chose. Un récif corallien peut présenter des valeurs stables mais très faibles, ce qui peut être le cas pour un récif en mauvais état, et être très différent d’un récif dont les valeurs sont stables mais élevées. Les effets naturels tels que les cyclones, les blanchissements coralliens et les pullulations d’Acanthaster planci, peuvent avoir un fort impact sur les recouvrements coralliens et ne sont pas pris en compte dans les modèles statistiques en raison de la complexité de ces phénomènes. La validation des tendances par station par les experts peut aider à comprendre ces phénomènes et à les corriger. Cependant les séries temporelles courtes ne permettent pas de voir les évolutions périodiques des recouvrements sur le long terme et peuvent engendrer des tendances à la hausse ou à la baisse si un événement naturel n’est pas visible dans sa totalité (valeurs quelques années avant l’événement et quelques années après l’événement).

Piste d'améliorations

L’interprétation de l'indicateur doit être affinée et une réflexion doit avoir lieu sur la possibilité de rester ou non sur un calcul à l'échelle globale. L’état de santé des récifs coralliens sera mieux reflété par une série d’indicateurs ou un indicateur construit sur la base de métriques complémentaires : couverture corallienne, diversité des morphes coralliens, richesse spécifique de certains groupes de poissons et de macro-invertébrés, mesure d'abondance… Cette réflexion devra être développée dans le cadre du plan d’action de la phase IV de l’IFRECOR, sous-thème réseau récifs de la thématique réseaux d’observation (http://www.ifrecor.com/documents/programme-action-2016_2020.pdf). Il sera sans doute nécessaire, compte tenu de la grande variabilité des COM, de construire un référentiel spécifique à chaque site/région/pays.