Taux de boisement en France métropolitaine

Taux de boisement en France métropolitaine

La forêt occupe 31 % du territoire métropolitain et progresse.

31 %

en 2017

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Pourcentage en 2017 (campagnes 2015-2019) Origine des données : données des années 1990 et 2000 : MAA, Enquête Teruti ; depuis 2006 : IGN, Inventaire forestier national. Traitements : Ecofor, 2021.
Source : IGN, inventaire forestier national (2019). Fonds cartographiques : SDES. Réalisation : Antea Group.
Source : Denardou A., Hervé J.-C., Dupouey J.-L., Bir J., Audinot T., Bontemps J.-D., 2017. RFF 4-5-2017.
Nom complet de l'indicateur : Évolution du taux de boisement en France métropolitaine
Définition:

L'indicateur fournit la part du territoire métropolitain couvert par de la forêt. La forêt est ici définie au sens de la FAO utilisé par l’inventaire forestier de l’IGN. Elle correspond à une « *formation d’au moins 50 ares et de largeur supérieure ou égale à 20 mètres, composée d’arbres capables d’atteindre une hauteur de 5m à maturité in situ et dont le couvert absolu total est supérieur ou égal à 10 %, et de végétaux non cultivés* ». Les formations ne remplissant pas ces critères mais les ayant manifestement remplis moins de cinq ans auparavant (suite par exemple à une coupe à blanc) sont comptées comme forêt tant qu’il n’y a pas de changement manifeste d’occupation du sol (culture, artificialisation…). Elles sont considérées comme des landes au-delà de la période de cinq ans, toujours s’il n’y a pas de changement manifeste d’occupation du sol (culture, artificialisation…).

Pour cet indicateur, le taux de boisement a été choisi plutôt que la surface totale forestière car :

  1. c’est une variable qui est plus facilement compréhensible par le grand public ;
  2. c’est une variable qui reste sur la même échelle qu’on l’appréhende au niveau national ou à des niveaux régionaux ;
  3. le lien avec les travaux scientifiques se fait plus facilement avec cette variable.

Le suivi du taux de boisement en France métropolitaine donne des informations sur la quantité d'habitats forestiers.

La relation entre biodiversité et quantité d’habitats est une relation étudiée depuis très longtemps en écologie. La diminution de la quantité d’habitats est reconnue comme étant une des pressions majeures pesant sur la biodiversité au niveau mondial. Des niveaux trop faibles de taux de boisement devraient poser des problèmes à une partie de la biodiversité forestière. À l’inverse, des niveaux trop forts pourraient conduire à une homogénéisation du paysage par la couverture forestière et éroder la biodiversité non forestière ou celle liée aux lisières forestières ou à des mosaïques d’habitats.

Milieux
Forêts
Pressions
Destruction des habitats
Politiques
Gestion des espaces naturels
A quelle(s) question(s) répond cet indicateur
Quels sont l'état et la dynamique de la biodiversité en forêt ?
Comment les facteurs qui influencent l’état de la biodiversité en forêt évoluent-ils ?
Interprétation de l'indicateur

Les forêts sont parmi les milieux naturels les mieux préservés en France (réglementation sur le défrichement, plans de gestion, police forestière, etc.). Leur gestion est encadrée par le Code forestier, le plus ancien d’Europe (1827).

La forêt française est dans une phase d’accroissement depuis le milieu du XIXème siècle. Au cours du dernier siècle, l'augmentation de la surface forestière métropolitaine a eu tendance à s'accélérer, ce qui suggère un potentiel d'extension encore élevé (Denardou et al., 2017. Voir visuel 3). Cet accroissement a surtout concerné la Bretagne, le Massif Central et la zone méditerranéenne (IGN, 2013). Il a massivement concerné les forêts privées, assez peu les forêts publiques (IGN, 2013). C’est une tendance constatée dans la plus grande partie des pays européens, liée à la déprise agricole se traduisant par la reconquête de terres que l’intensification de l’agriculture a conduit à délaisser au profit des terres les plus productives. Cette phase d'accroissement crée dans la matrice forestière contemporaine une distinction entre forêts récentes, qui n’étaient pas forestières au milieu du XIXème siècle – et forêts anciennes. Plusieurs résultats montrent que la biodiversité spécifique est sensible à cette distinction entre forêts récentes et forêts anciennes. Des cartographies de forêts anciennes vont bientôt être disponibles et permettre de suivre ces deux types de forêts en parallèle (en 2019, 33 % du territoire métropolitain était cartographié - site web IGN consulté le 31/05/2021). Cette forte progression des surfaces forestières en deux siècles n’est toutefois pas uniforme et masque des défrichements causés par l’urbanisation et les infrastructures d’une part, et la réduction des surfaces de milieux forestiers particuliers, comme les forêts alluviales à l’occasion de grands travaux de régularisation du cours des grands fleuves, d’autre part.

94 % de la surface forestière métropolitaine sont utilisés pour la production de bois (hors peupleraies). Ces forêts de production sont essentiellement feuillues : 62 % de leur superficie est couverte de peuplements feuillus, 19 % de peuplements résineux et 11 % de peuplements mixtes (8 % non défini). La propriété privée domine assez largement avec 75 % de la surface de forêt de production (données de l'IGN consultée via l'outil OCRE le 31/05/2021).

La surface forestière française est essentiellement composée d’ensembles forestiers assez grands, puisqu’en 2008, 68 % de la surface forestière appartenait à des massifs forestiers de très grande taille (plus de 100 000 hectares) - si l’on suppose que deux massifs forestiers distants de moins de 200 mètres appartiennent à une même entité (Maaf-Ign, 2016, p 217).

Il n'existe pas de valeur cible ; toutefois, on estime qu'une valeur inférieure à environ 10 % pourrait être problématique pour une partie de la biodiversité forestière.

La France est le quatrième pays Européen par la surface de sa forêt, derrière la Suède, la Finlande et l’Espagne (Forest Europe, 2020). Le taux de boisement de 31 % est loin d’être uniforme (voir visuel 2). L’Est de la France ainsi que l’Aquitaine se situent au-dessus de la moyenne nationale, tandis que le Nord et l’Ouest de la France ont des taux de boisement plus faibles (de l'ordre de 10 %, 20 %).

Sur un plan écologique, dans un contexte paléo-écologique assez forestier depuis la dernière glaciation, des taux de boisement de plus de 25-30 % ne devraient pas poser de problèmes aux espèces d’oiseaux et de mammifères dépendant de la forêt, tandis que des niveaux autour de 10 % pourraient commencer à être problématiques (Andrén 1994, Swift & Hannon 2010). De fait, il convient de rechercher un taux de boisement au-dessus d’un certain seuil – au moins 10 % – dans chaque région : les taux de boisement élevés dans certaines régions ne compensent pas complètement les taux de boisement plus faibles d’autres régions. Aux 31 % de forêts stricto sensu sur notre territoire métropolitain s‘ajoutent 1,2 millions d'hectares de landes (maquis, garrigues, friches, pelouses…) et environ 363 000 hectares de bosquets (données de l'IGN consultée via l'outil OCRE le 31/05/2021).

Code indicateur SNB-TMF-15-TBM1
Type d'indicateur : Indicateur
Jeux d'indicateurs
Biodiversité & forêt
Objectifs nationaux
Préserver les espèces et leur diversité
Préserver et restaurer les écosystèmes et leur fonctionnement
Maîtriser les pressions sur la biodiversité
Objectifs européens
Maintenir et restaurer les écosystèmes et leurs services

IGN

Date de la 1ère publication de la valeur de la série : 2006. Les données sont issues de la nouvelle méthode d’inventaire forestier de l'IGN couplant un travail d’inventaire effectué par photo-interprétation et un travail de terrain incluant la vérification de la couverture et de l’utilisation du sol. Chaque année, un sous-échantillon de 7 000 points en forêt est visité, environ.
Disponibilité des valeurs
Annuelle
Rupture de série
Méthodologique
Méthodologie :

Les forêts sont parmi les milieux naturels les mieux préservés en France (réglementation sur le défrichement, plans de gestion, police forestière, etc.). Leur gestion est encadrée par le Code forestier, le plus ancien d’Europe (1827).

La forêt française est dans une phase d’accroissement depuis le milieu du XIXème siècle. Au cours du dernier siècle, l'augmentation de la surface forestière métropolitaine a eu tendance à s'accélérer, ce qui suggère un potentiel d'extension encore élevé (Denardou et al., 2017. Voir visuel 3). Cet accroissement a surtout concerné la Bretagne, le Massif Central et la zone méditerranéenne (IGN, 2013). Il a massivement concerné les forêts privées, assez peu les forêts publiques (IGN, 2013). C’est une tendance constatée dans la plus grande partie des pays européens, liée à la déprise agricole se traduisant par la reconquête de terres que l’intensification de l’agriculture a conduit à délaisser au profit des terres les plus productives. Cette phase d'accroissement crée dans la matrice forestière contemporaine une distinction entre forêts récentes, qui n’étaient pas forestières au milieu du XIXème siècle – et forêts anciennes. Plusieurs résultats montrent que la biodiversité spécifique est sensible à cette distinction entre forêts récentes et forêts anciennes. Des cartographies de forêts anciennes vont bientôt être disponibles et permettre de suivre ces deux types de forêts en parallèle (en 2019, 33 % du territoire métropolitain était cartographié - site web IGN consulté le 31/05/2021). Cette forte progression des surfaces forestières en deux siècles n’est toutefois pas uniforme et masque des défrichements causés par l’urbanisation et les infrastructures d’une part, et la réduction des surfaces de milieux forestiers particuliers, comme les forêts alluviales à l’occasion de grands travaux de régularisation du cours des grands fleuves, d’autre part.

94 % de la surface forestière métropolitaine sont utilisés pour la production de bois (hors peupleraies). Ces forêts de production sont essentiellement feuillues : 62 % de leur superficie est couverte de peuplements feuillus, 19 % de peuplements résineux et 11 % de peuplements mixtes (8 % non défini). La propriété privée domine assez largement avec 75 % de la surface de forêt de production (données de l'IGN consultée via l'outil OCRE le 31/05/2021).

La surface forestière française est essentiellement composée d’ensembles forestiers assez grands, puisqu’en 2008, 68 % de la surface forestière appartenait à des massifs forestiers de très grande taille (plus de 100 000 hectares) - si l’on suppose que deux massifs forestiers distants de moins de 200 mètres appartiennent à une même entité (Maaf-Ign, 2016, p 217).

Robustesse
Robuste
Précision
Très précis
Sensibilité
Très sensible
Efficacité
Très efficace
Accessibilité des données
Assez accessibles
Homogénéité des données
Homogènes
Fiabilité des données
Très fiables
Pérennité des données
Pérennité à consolider
Abondance des données
Très abondantes
Coût de mobilisation
Coût moyen
Niveau d'appropriation
Familier
Avantages

Pour cet indicateur, le taux de boisement a été choisi plutôt que la surface totale forestière car :

  1. c’est une variable qui est plus facilement compréhensible par le grand public ;
  2. c’est une variable qui reste sur la même échelle qu’on l’appréhende au niveau national ou à des niveaux régionaux ;
  3. le lien avec les travaux scientifiques se fait plus facilement avec cette variable.
Limites
Pas de possibilité de rétro-calcul. Le passage à une nouvelle méthode d'inventaire en 2005, et notamment l'adoption de la définition internationale de la forêt (FAO), occasionne une rupture de série sur la surface de forêt à cette date. Le suivi du taux de boisement selon une méthode homogène ne peut donc pas remonter au delà de la valeur 2006, correspondant aux campagnes 2005-2007.
Piste d'améliorations
  1. Il serait intéressant d’avoir des tendances temporelles de surface pour des types forestiers plus précis (par exemple les forêts alluviales). L’IGN devrait être en mesure de les produire d’ici quelques années, via son suivi des habitats forestiers. Reste à avoir une idée de la précision obtenue.
  2. Il faudra travailler à un approfondissement des commentaires en lien avec les transitions dans le temps des usages du sol ; en effet, les méthodes actuelles ont toutes leurs limites : les données Teruti semblent marquées par un bruit associé à la localisation des points (pas au mètre près) ainsi qu’à l’interprétation des catégories d’occupation des sols (prairies en friche, forêt, landes) ; les données Corine Land Cover ne distinguent que des unités de 25 ha, éloignées des 0,5 ha retenus pour la définition de la forêt ; les données terrain IGN / Inventaire Forestier ne permettent pas d’avoir accès aux occupations du sol comme l’urbain, les cultures… Un travail est éventuellement à prévoir sur ce sujet et pourrait concerner d’autres indicateurs ONB.
  3. Un autre travail spécifique devrait être fait par l’IGN sur la base de la BD forêt (non disponible pour le moment) pour adapter la présentation de l'indicateur suivant ce qui a été proposé par l'ancienne région Nord-Pas-de-Calais (Observatoire de la biodiversité du Nord-Pas-de-Calais, 2012).