État de conservation des milieux humides naturels

État de conservation des milieux humides naturels

6 % des écosystèmes humides remarquables sont dans un état de conservation favorable.

6 %

sur la période 2013-2018

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État de conservation des habitats humides d'intérêt communautaire en métropole (période 2013-2018), version 2020
Nom complet de l'indicateur : Proportion des habitats humides naturels d'intérêt communautaire évalués qui sont dans un état de conservation favorable
Définition:
L'indicateur correspond à la proportion des évaluations des habitats humides d'intérêt communautaire (listés dans l'annexe I de la directive « Habitats, Faune, Flore ») qui se trouvent dans un bon état de conservation par rapport au nombre total d'évaluations en France métropolitaine. L'indicateur est calculé pour l'ensemble de la métropole et pour les seuls habitats considérés comme "zones humides" au sens de la Convention de Ramsar (ce qui inclut tous les systèmes dunaires côtiers, les côtes rocheuses, etc.). Il ne s’agit pas de la proportion d’habitats mais de la proportion d’évaluations favorables, ce qui intègre la déclinaison par région biogéographique (unité d’évaluation : l’état d’un habitat dans une région biogéographique).
Milieux
Agriculture et milieux associés Forêts Milieux humides Milieux marins et littoraux Milieu montagnard
A quelle(s) question(s) répond cet indicateur
Comment évolue l’état des milieux humides ?
Interprétation de l'indicateur
A l'échelle nationale, les milieux humides sont parmi les habitats d'importance communautaire dont l'état de conservation est le plus défavorable (cf. Indicateur "État de conservation des habitats naturels" http://indicateurs-biodiversite.naturefrance.fr/fr/indicateurs/etat-de-conservation-des-habitats-naturels). Cet indicateur concerne les 76 habitats humides parmi les plus rares, menacés ou représentatifs, présents en France qui figurent dans l’annexe I de la directive Habitats-Faune-Flore. Pour un habitat donné, l’état favorable correspond à une aire de répartition stable ou en augmentation ; à une superficie suffisante, stable ou en augmentation ; des structures et un fonctionnement non altérés et des perspectives que cet état perdure dans un futur proche. L’état défavorable peut donc être lié à plusieurs types de causes, mais ce sont principalement les pertes de superficies et les problèmes liés aux structures et aux fonctions qui s’avèrent les plus déclassants. Ces problèmes résultent des pressions passées, présentes ou futures.
Code indicateur SNB-TMH-18-CHH1
Type d'indicateur : Indicateur
Jeux d'indicateurs
Biodiversité & milieux humides
Objectifs nationaux
Construire une infrastructure écologique incluant un réseau cohérent d’espaces protégés Préserver et restaurer les écosystèmes et leur fonctionnement Préserver les espèces et leur diversité Maîtriser les pressions sur la biodiversité Assurer l’efficacité écologique des politiques et des projets publics et privés
Objectifs européens
Objectifs européens : Conservation de la nature : mise en œuvre complète des directives "nature"
Producteur : UMS PatriNat (AFB-CNRS-MNHN). CGDD/SDES.
Origine des données : Les données sources sont issues de l'évaluation périodique de l'état de conservation de chaque habitat d'intérêt communautaire pour chaque région biogéographique, réalisée dans le cadre de l'article 17 de la directive « Habitats, Faune, Flore ». Ces évaluations ont lieu tous les 6 ans (2007, 2013, 2019…) et font l’objet d’une expertise collective coordonnée par l'UMS PatriNat (AFB-CNRS-MNHN). Les évaluations sont fondées sur les meilleures données et études disponibles, ainsi que sur l'avis d'experts. Plus de 50 experts ont été mobilisés dans les conservatoires botaniques, les universités, les stations marines et des spécialistes dans les établissements publics, comme l’Office national des forêts (ONF). L'indicateur concerne l'ensemble du territoire métropolitain et pas seulement les sites Natura 2000. En France, l’évaluation 2019 (période 2013-2018) a porté sur 132 habitats, dont 76 "humides". En croisant avec les régions biogéographiques, ceci représente 299 évaluations (1 type d’habitat – 1 région biographique – 1 état de conservation global). Parmi elles, 160 ont concerné les milieux humides (au sens de la Convention de Ramsar).
Disponibilité des valeurs
> 5 ans
Rupture de série
Non
Robustesse
Robuste
Précision
Assez précis
Sensibilité
Peu sensible
Efficacité
Très efficace
Accessibilité des données
Accessibles
Homogénéité des données
Assez homogènes
Fiabilité des données
Assez fiables
Pérennité des données
Pérenne
Abondance des données
Abondantes
Coût de mobilisation
Coût faible
Niveau d'appropriation
Averti
Avantages
L'indicateur est construit à partir d'une méthodologie explicite, reproductible et partagée à travers les Etats membres de l'Union européenne. Il fait appel à une large expertise et couvre une gamme diversifiée d’habitats humides naturels et semi-naturels à fort enjeux de conservation. Il permet une analyse à la fois globale, par région biogéographique et par type d'habitat, ainsi que des comparaisons inter-habitats. Cet indicateur est particulièrement intéressant pour un suivi en continu des Plans Nationaux d'Actions "Milieux Humides" (PNAMH) successifs sur le long terme. L’indicateur couvre tous les milieux humides les plus fragiles, présents en France métropolitaine.
Limites
L’indicateur concerne les habitats d’intérêt communautaire tels que définis dans la directive Habitats-faune-flore. Il n’est donc pas complètement représentatif de l’état de l'ensemble des milieux humides français, même si le panel d’habitats est diversifié et intègre des milieux répandus. La fréquence de mise à jour est assez importante (6 ans), mais réaliste pour un suivi efficace des changements des écosystèmes. En contrepartie, l'indicateur est peu sensible à court et moyen termes, d’autant que la France ne dispose pas d’une cartographie des habitats, ni d’un dispositif de surveillance de leur état, sauf cas particuliers. Pour l’évaluation de l’état d’un habitat dans une région biogéographique, la méthode d’agrégation des 4 paramètres, où le plus mauvais détermine l’état général (principe de précaution), rend mécaniquement la méthode peu sensible à des améliorations de faible ampleur. Les améliorations de la connaissance et la consolidation de l’expertise peuvent générer des changements de l’indicateur sans qu’il y ait de réel changement écologique. Des informations qualitatives permettent d’identifier ce phénomène et de relativiser l’interprétation. Le résultat global agrégé doit aussi être interprété avec prudence du fait de la diversité des situations possibles sur l'état de conservation d'un habitat pour une même conclusion.
Piste d'améliorations
Il serait nécessaire d'améliorer la robustesse de cette évaluation en mettant en place un suivi des habitats humides à l’échelle du territoire français. A moyen terme, ces évaluations doivent être fondées davantage sur des données, notamment en réalisant une cartographie nationale des habitats humides (au-delà de la seule cartographie des milieux humides potentiels).