Les espèces
hibou moyen duc forêt
hibou moyen duc forêt

Les espèces

Les espèces


Comment évoluent les espèces en France ?
 

On estime qu’il y a sur Terre près de 8 millions d’espèces animales et végétales sauvages différentes, dont 5,5 millions d’espèces d’insectes. En France, 186 883 espèces animales et végétales sauvages différentes ont été recensées. Les espèces interagissent entre elles et avec les biotopes pour former les écosystèmes. Elles remplissent un rôle important dans l’équilibre et la stabilité de nombreux processus naturels. Les espèces sont ainsi interconnectées dans des réseaux complexes de prédation, symbiose, coopération ou compétition pour les ressources, etc. L’extinction de l’une peut engendrer l’effondrement de tout ou partie des espèces qui interagissent avec elle, et perturber l’équilibre entier d’un écosystème par effet domino.

mise en exergue

Avec près de 1 500 espèces menacées au niveau mondial présentes sur son territoire (en métropole et outre-mer, sur les cinq continents), la France figure parmi les 10 pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces menacées.

Source : lien


 

Les espèces endémiques pour lesquelles la France a une responsabilité

Les espèces endémiques pour lesquelles la France a une responsabilité

Une espèce est dite endémique lorsqu’elle est présente exclusivement dans une région géographique délimitée. L‘aire de répartition limitée des espèces endémiques les place potentiellement parmi les premières espèces qui risquent d’être menacées d’extinction, c’est-à-dire de disparition totale. Les espèces endémiques du territoire français forment donc un patrimoine dont la France porte la responsabilité exclusive. Cet endémisme est nettement plus élevé dans les Outre-mer insulaires : 22 % des espèces présentes y sont endémiques. Ce taux d’espèces endémiques est plus fort chez les espèces peu mobiles : il est par exemple beaucoup plus élevé pour les coléoptères que pour les papillons.

En 2019, il y avait 20 293 espèces endémiques et sub-endémiques connues en France (ultramarine et métropolitaine). Une espèce est dite subendémique lorsqu’elle se trouve uniquement dans un pays en particulier ou dans une zone très limitée d’un pays voisin.

 

Cormoran de Kerguelen (Leucocarbo verrucosus), endémique des îles Kerguelen
Cormoran de Kerguelen (Leucocarbo verrucosus),
endémique des îles Kerguelen
Bruno MARIE - insularis@me.com
Euprocte de Corse (Euproctus montanus), salamandre endémique de Corse
Euprocte de Corse (Euproctus montanus),
salamandre endémique de Corse
Stanislas Wroza_OFB
OFB Office français de la biodiversite
Portail de l'OFB Office français de la biodiversite

Le portail cartographique des données « faune sauvage » permet d’accéder aux données collectées par les réseaux de suivi de la faune sauvage de l’Office français de la biodiversité.

Accéder aux ressourcesAccéder aux ressources

Les espèces des listes mondiales EDGE (Evolutionarily Distinct and Globally Endangered species ; en français, espèces à l’évolution distincte et globalement en danger) sont des espèces à la fois menacées et exceptionnelles de par leur histoire évolutive. Elles ont très peu de parents proches dans l’arbre "généalogique” du vivant et représentent donc un pan unique de diversité, dont la perte serait irremplaçable.

Schéma arbre de classification des êtres vivants
Arbre de classification des êtres vivants Olivier Debuf / OFB

Arbre de classification des êtres vivants

Présence en France des espèces menacées les plus exceptionnelles à l’échelle mondiale

15

%

en 2020

Métropole

Présence en France des espèces menacées les plus exceptionnelles à l’échelle mondiale

15% des espèces des listes EDGE disponibles sont présentes en France

Les espèces menacées en France

Les espèces menacées en France

Le taux d’extinction actuel des espèces dans le monde est des centaines de fois plus élevé que la moyenne des 10 derniers millions d’années : on parle de sixième extinction dans l’histoire de la planète. La précédente a eu lieu il y a 66 millions d’années et a entraîné, entre autres, la disparition des dinosaures. Jusqu’à un million d’espèces sont aujourd’hui menacées d’extinction.

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a ainsi développé une méthode qui permet d’évaluer et de dresser un état des lieux du degré de menace pesant sur chaque espèce sauvage. Elle classe les espèces en 11 catégories :

Catégories de menaces attribuées par la Liste rouge
Catégories de menaces attribuées par la Liste rouge Olivier Debuf / OFB

Catégories de menaces attribuées par la Liste rouge

Les catégories Danger, Danger critique et Vulnérable indiquent un important risque d'extinction.

Les espèces ainsi classées figurent dans ce qui est appelé “une liste rouge”. Ces listes rouges peuvent être établies par groupe d’espèces ou pour tout type d’espèces confondues à différentes échelles géographiques (mondiale, européenne, nationale, régionale, départementale).
 


20%

des vertébrés comme des invertébrés sont menacés d'extinction dans le monde

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Dugong (Dugong dugon) dans la baie de Thio (Nouvelle-Calédonie)
Dugong (Dugong dugon)
Baie de Thio (Nouvelle-Calédonie) 
Hélène Udo / OFB
Proportion en France d’espèces menacées à l’échelle mondiale

13

%

en 2019

Métropole

Proportion en France d’espèces menacées à l’échelle mondiale

13 % des espèces présentes en France sont menacées ou déjà éteintes à l'échelle mondiale.

La France métropolitaine abrite presque la moitié des espèces évaluées au niveau européen par l'UICN mais « seulement » 20,2 % de celles qui sont menacées.

À l’échelle de la France, cette méthodologie a été déclinée par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle pour établir la Liste rouge des espèces menacées en France (métropolitaine et ultramarine).

UICN Site du Comité français de l'UICN.
Le site de l'UICN donne accès à de nombreuses ressources concernant la biodiversité, en particulier les listes rouges d'espèces menacées

Le site du Comité français de l’UICN permet d’accéder à de nombreuses ressources sur les domaines d’intervention de l’union internationale pour la conservation de la nature et notamment les listes rouges des espèces menacées.

Accéder aux ressourcesAccéder aux ressources

Avec le niveau de connaissance disponible, près d’une espèce sur cinq présente un risque de disparition à l’échelle nationale. Ce risque est nettement supérieur dans les Outre-mer insulaires (28 %) qu’en métropole (12 %). Il faut noter qu’il s’agit de la Liste rouge nationale, une espèce peut donc être classée menacée en France mais ne pas l’être à l'échelle mondiale si son statut est bon ailleurs (d’où la différence avec la proportion en France d’espèces menacées à l’échelle mondiale).
 

Des chiffres en image : liste rouge des espèces menacées

Toutes les vidéos sont à retrouver ici

vidéo ONB : Liste rouge des espèces menacées ONB

vidéo ONB : Liste rouge des espèces menacées

Les vertébrés menacés en France

Les vertébrés menacés en France

En France métropolitaine, 14 % des mammifères, 24 % des reptiles, 23 % des amphibiens et 32 % des oiseaux nicheurs sont menacés de disparition.

Une espèce est dite spécialiste quand elle nécessite un besoin particulier lors de tout ou partie de son cycle de vie (alimentation spécifique, habitat particulier, etc..). Le Flamant rose en est un exemple. Une espèce généraliste est capable d’exploiter des ressources variées et/ou relativement ubiquistes, donc est plus « polyvalente », comme le Lézard des murailles.
 

Lézard des murailles dans la Réserve naturelle de Mantet
Lézard des murailles (Podarcis muralis)
Réserve naturelle de Mantet
Elodie Klesczewski OFB
Flamants roses (Phoenicopterus roseus) en Occitanie
Flamants roses (Phoenicopterus roseus), en Occitanie
Laure Corcelle OFB


Entre 1989 et 2018, l’abondance des espèces d’oiseaux spécialistes a fortement diminué en France métropolitaine, principalement pour les oiseaux des milieux agricoles (-38 %) et bâtis (-24 %). La tendance est inverse pour les généralistes, d’où une homogénéisation des communautés d'oiseaux et un appauvrissement des cortèges d'espèces à l’échelle métropolitaine.

 

Des chiffres en image : Déclin des oiseaux spécialistes

Toutes les vidéos sont à retrouver ici

Vidéo ONB : déclin des oiseaux spécialistes ONB

Vidéo ONB : déclin des oiseaux spécialistes

Évolution des populations d'oiseaux communs spécialistes

-24

%

sur la période 1989-2019

Métropole

Évolution des populations d'oiseaux communs spécialistes

24 % des oiseaux communs spécialistes ont disparu de métropole entre 1989 et 2019.

Aigrette garzette (Egretta garzetta), Le Conquet (Parc naturel marin d'Iroise)
Aigrette garzette (Egretta garzetta),
Le Conquet (Parc naturel marin d'Iroise)
Benoît Dumeau_OFB

Les oiseaux d'eau sont une composante emblématique de la biodiversité des zones humides, l’un des écosystèmes naturels les plus menacés à l'échelle mondiale, européenne et nationale. L’augmentation de l'abondance des populations d'oiseaux d'eau observée en France métropolitaine peut être le signe d'une augmentation de la capacité d'accueil globale des zones humides françaises (par leur qualité et/ou surface) qui peut être en partie attribuée à l’instauration de réglementations efficaces protégeant ces espèces et les zones qu’elles fréquentent. Les oiseaux d'eau hivernants ont progressé de 77 % entre 1980 et 2018.

Pipistrelle de Kuhl (Pipistrellus kuhlii)
Pipistrelle de Kuhl (Pipistrellus kuhlii)/ L. Arthur

 

 

 





Les chauves-souris jouent un rôle très important dans l’équilibre écologique de nombreux écosystèmes terrestres. Elles sont par exemple le principal prédateur de certaines espèces d’insectes nocturnes, comme les papillons de nuit. Leurs populations sont en forte baisse en France métropolitaine, bien que certaines espèces voient leur effectif augmenter comme la Pipistrelle de Kuhl, dont l’aire de répartition s’étend vers le Nord.  

Des chiffres en image : Les grands prédateurs

Toutes les vidéos sont à retrouver ici


Les grands prédateurs présents sur le territoire français sont le Puma et le Jaguar pour la Guyane, et le Loup, le Lynx et l’Ours pour la métropole. Ce sont des espèces emblématiques et clefs de voûte écologiques de leurs écosystèmes respectifs. Leur présence reflète un fonctionnement naturel des écosystèmes.

Lynx boréal (Lynx lynx)
Lynx boréal (Lynx lynx) R. Clerc
Loup gris (Canis lupus)
Loup gris (Canis lupus) Benjamin Guichard / OFB
Ours brun d’Europe (Ursus arctos)
Ours brun d’Europe (Ursus arctos) Daniel Coutelier / Terra
Puma (Puma concolor)
Puma (Puma concolor)
Jaguar (Panthera onca)”
Jaguar (Panthera onca)”

En métropole, la superficie du territoire occupée par au moins une espèce de grand prédateur s’accroît, principalement en raison de la dynamique d’expansion du loup.

Les invertébrés

Les invertébrés

35 %

de ce que mangent les Hommes dépend de la pollinisation par les insectes

En savoir plusEn savoir plus

L’état des invertébrés (insectes, araignées, mollusques, crustacés, etc.) dans le monde est mal connu car ces espèces sont très nombreuses et relativement moins étudiées que les vertébrés. Pourtant, leur rôle écologique est fondamental. Ils constituent une source de nourriture pour les vertébrés (poissons, amphibiens, oiseaux, mammifères…). Ils ont une influence sur la végétation et les sols (décomposeurs de matière organique pour fournir les nutriments aux végétaux, mousses, etc.), et jouent un rôle dans le contrôle biologique des ravageurs (la coccinelle est par exemple un ennemi naturel des pucerons). Le fonctionnement de l’agriculture est dépendant de la pollinisation par les insectes. Les invertébrés dominent par ailleurs la biodiversité animale mondiale, que ce soit en termes de biomasse ou de nombre d’espèces. Et malheureusement, ils disparaissent à un rythme effroyable : une étude menée à partir de 1989 pendant presque 30 ans et sur plus de 60 sites protégés (uniquement des milieux ouverts) en Allemagne a fait état d’un déclin de la biomasse des insectes volants de plus de 75 %. Cette observation concerne toutes les espèces d’insectes (pas seulement les espèces rares ou menacées de disparition).

Une seconde étude menée sur plus d’un million d’arthropodes (insectes, “araignées”, crustacées, “mille-pattes”) dans 140 forêts et 150 prairies allemandes entre 2008 et 2017 a confirmé ce déclin massif de la biomasse des insectes. Dans les prairies, le nombre d’espèces d’insectes a chuté d’un tiers et la biomasse de 67 % ; tandis que dans les forêts, la biomasse a chuté de 41 % et le nombre d’espèces de 36 %.
 

Vers de terre
Ver de terre (Lumbricina)


Les vers de terre jouent un rôle indispensable pour le fonctionnement des sols. Ils rendent la terre plus stable et moins sensible à l’érosion, favorisent l’accès des végétaux à l’eau et la nourriture, permettent le recyclage des déchets organiques, l’épuration des eaux usées, la fertilisation des sols et améliorent la productivité des cultures.

Dans la plupart des écosystèmes terrestres, plus la richesse lombricienne (le nombre d’espèces de lombrics) dans le sol est élevée, meilleur est son état écologique. La richesse en espèces lombriciennes est plus élevée dans les milieux agroforestiers et les prairies.
Un taxon est une entité d'êtres vivants regroupés parce qu'ils partagent des caractères en raison de leur parenté. Cela  permet de classifier le vivant.

Diversité spécifique des vers de terre

6

taxons

sur la période 2005-2015

Métropole

Diversité spécifique des vers de terre

On trouve en moyenne 6 grand types de vers de terre dans les sols de métropole.

La flore

La flore

Les végétaux sont au cœur du fonctionnement des écosystèmes. Par le processus de la photosynthèse, ils sont à la base de toutes les chaînes alimentaires de la planète (à l’exception des écosystèmes très particuliers qui se développent au fond des océans autour des volcans sous-marins).

En particulier, la flore entretient des relations étroites avec les pollinisateurs. Ils ont bien souvent co-évolué dans le temps. Si on veut préserver voire restaurer la biodiversité, les espèces d’origine locale doivent être prises en compte. Chaque habitat se caractérise par un ensemble plus ou moins spécifique de plusieurs espèces de la flore.

Les sociétés humaines dépendent de la flore car elle fournit de quoi se nourrir, se vêtir, s’abriter, se préserver de la chaleur et se soigner. À moyen ou long terme, l'érosion croissante de la diversité floristique affecte les écosystèmes et donc nécessairement l’alimentation et la santé humaines, ainsi que l’économie. À travers sa diversité et ses variations, la flore crée aussi l’identité et la variété des paysages.

Une Liste rouge de la flore évalue le risque de disparition de l’ensemble de la flore vasculaire (plantes à fleurs, fougères et conifères) de France métropolitaine. Cette Liste montre que sur 4982 espèces de plantes indigènes recensées, 15 % sont menacées ou quasi-menacées.

Panicaut vivipare (Eryngium viviparum), en danger critique d’extinction
Panicaut vivipare (Eryngium viviparum), en danger critique d’extinction
Charlotte Dissez_Conservatoire botanique national de Brest
Infographie UICN sur la liste rouge de la flore vasculaire de France métropolitaine
La liste rouge de la flore vasculaire de France métropolitaine (données UICN) Olivier Debuf / OFB

La liste rouge de la flore vasculaire de France métropolitaine (données UICN)

Les bactéries

Les bactéries

La biodiversité bactérienne constitue un « continent caché » de la biodiversité. Les bactéries sont partout et remplissent des fonctions écologiques essentielles. Elles jouent un rôle dans les cycles biogéochimiques essentiels à la vie (oxygène, carbone, azote…). Elles peuvent aussi former des relations de symbiose avec d’autres organismes, comme certaines plantes (les bactéries aident les plantes à fixer l’azote et elles leur fournissent en retour du carbone) ou l’Homme (le tube digestif humain contient une "flore intestinale", c’est-à-dire un ensemble de bactéries qui aident notamment à la digestion et ont leur importance dans le développement du système immunitaire).

Escherichia coli, bactérie intestinale des mammifères
Escherichia coli, bactérie intestinale des mammifères


La diversité bactérienne des sols peut être modifiée par les perturbations naturelles ou anthropiques. Elle varie en fonction du type de sol mais aussi du mode d’usage des sols (pratiques, contamination, etc.), avec des conséquences plus ou moins négatives sur le fonctionnement biologique du sol : fertilité biologique, barrière aux espèces invasives (pathogènes), renouvellement des matières organiques, changement climatique, etc.

Les forêts présentent des niveaux de diversité bactérienne des sols qui sont naturellement plus faibles puisque ces écosystèmes sont moins perturbés. Les milieux agricoles avec beaucoup d’interventions sur le sol sont plus perturbés et ont une richesse bactérienne plus élevée. Un niveau de diversité élevé ne renseigne cependant pas sur sa qualité (présence d’espèces bénéfiques d’intérêts ou au contraire néfastes comme les pathogènes par exemple). Dans une prairie permanente, les bactéries peuvent représenter jusqu’à plusieurs milliards d’individus (abondance) et 1 million d’espèces (diversité) par gramme de sol. Les variations liées aux conditions du milieu et l’impact des activités humaines sur cette abondance et cette diversité microbienne sont aujourd'hui mieux connues même si de nombreuses études restent nécessaires pour la comprendre.

Évolution de la biodiversité bactérienne des sols

1 288

taxons bactériens en moyenne, tous modes d'usage du sol confondus (Valeur de référence permettant le calcul ultérieur de la première valeur de l’indicateur)

en 2015

Métropole

Évolution de la biodiversité bactérienne des sols

La diversité bactérienne moyenne des sols de France métropolitaine est de 1288 taxons.