La dépendance de l'économie à la biodiversité
dependance economie et biodiversité
dépendance économie et biodiversité

La dépendance de l'économie à la biodiversité

La dépendance de l'économie à la biodiversité


Comment l’économie dépend-elle de la biodiversité ?

 

Les services écosystémiques, essentiels à la société, (lien services écosystémiques) sont également nécessaires pour les activités économiques. En effet, de nombreux secteurs économiques (agriculture, foresterie, pêche, tourisme, activités de plein air liées à la nature), ainsi que les emplois qui y sont rattachés, dépendent de la biodiversité.

mise en exergue

80 % des emplois français dépendent directement ou indirectement de la biodiversité.


 

Emplois et biodiversité

Emplois et biodiversité

Les écosystèmes français font l’objet d’une exploitation qui peut être marchande. Les activités économiques dépendent en effet de la biodiversité et de sa capacité à fournir les biens et services nécessaires à l’approvisionnement des entreprises. La biodiversité contribue ainsi à l’économie française, et par là même au maintien et à la création d’emplois sur le territoire national. Pour autant, ces emplois dépendent fortement de l’état des écosystèmes et de la biodiversité.
 

Un rapport de 2016 réalisé à la demande du Ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer estime que les secteurs fortement dépendants de la biodiversité génèrent près d’1,5 millions d’emplois, soit 10 % du total des emplois salariés. Ce rapport prend en compte les dépendances directes, c’est-à-dire les secteurs directement impactés par une dégradation de la biodiversité. En retenant les dépendances directes et indirectes, 80 % des emplois français seraient concernés par la biodiversité et subiraient les impacts d’une dégradation des écosystèmes, engendrée par une surexploitation de ceux-ci.


Les filières en lien avec l’exploitation de ressources naturelles comme le bois, la pêche ou la production agricole sont directement dépendantes de l’état des écosystèmes et de la biodiversité. Ces filières sont pourvoyeuses de nombreux emplois en France :
 

  • Agriculture : 702 000 emplois en 2016 (en Unités de Travail Annuel, selon Agreste)  
  • Filière bois : 400 000 emplois (source: EFESE, écosystèmes forestiers)
  • Pêche professionnelle : 13 500 emplois en 2017 (France AgriMer, 2020)
  • Aquaculture (conchyliculture, autres élevages…) :  17 500 emplois en 2017 (Agrimer, 2020)
     

De nombreux emplois sont également dédiés à la préservation de la biodiversité (activités de gestion, de protection de la nature et des paysages). Ces emplois présentent la caractéristique de ne pas être délocalisables. L’Observatoire national des emplois et des métiers de l’économie verte (ONEMEV) est chargé de leur recensement. Une tendance à la hausse est constatée depuis une décennie.  Le secteur de la protection de l’environnement comptait ainsi 272 000 ETP en 2017. Le nombre de ces emplois est aujourd’hui sous-estimé, certains types de métiers n’étant pas pris en compte par la nomenclature de l’observatoire.  


La biodiversité contribue ainsi de plusieurs façons à l’économie française. Un dernier volet concerne les dépenses en matière de préservation de la biodiversité. Ces dépenses ont un effet multiplicateur. Au total, en 2012, 2 milliards d’euros de dépenses en faveur d’activités de protection de la biodiversité auraient été effectuées, pour une contribution au PIB de 2,5 milliards d’euros. Investir dans la protection de la nature permet donc des retombées positives, à la fois en termes économique et environnemental.

Des secteurs primaires dépendant directement de la biodiversité

Des secteurs primaires dépendant directement de la biodiversité

  Agriculture
 
Exploitation intensive d'un verger de pommiers dans les Deux-Sèvres
Exploitation intensive d'un verger de pommiers,Deux-Sèvres
Michel Bramard, OFB

 

L’agriculture est à la fois tributaire des services d’approvisionnement, mais également des services de régulation, qui permettent la pollinisation des cultures, la fertilité des sols, la régulation du climat local ou encore la limitation de l’érosion des sols. Le poids économique du secteur agroalimentaire est très important en France. En 2015, la valeur marchande des biens issus de l’agriculture était estimée à 74,3 milliards d’euros, pour une valeur ajoutée de 29,5 milliards d’euros.

 

 

 

 

 

Pêches et produits de la mer
 
Bolincheur (ou sardinier) en baie de Douarnenez (Finistère)
Bolincheur (ou sardinier), Baie de Douarnenez (Finistère) 
Sylvie Pianalto, OFB

 

Le secteur des produits de la mer est également directement dépendant des océans et de leur capacité à fournir des stocks de poissons et des autres produits de la mer exploités. En 2016, la pêche professionnelle en mer comptait 13 500 emplois, pour 1,3 milliard d’euros de ventes. L’aquaculture représente également un secteur générant 730 millions d’euros en 2017, en métropole. Enfin, la pêche vivrière et de loisir est particulièrement importante en Outre-mer. Les Outre-mer dépendent également des pêches récifales, dont la valeur ajoutée atteignait en 2013 100 millions d’euros.

 

 

 

 

 

 

  Forêt et bois
Pile de bois le long d’une route forestière
Pile de bois le long d’une route forestière

 

Les forêts françaises font l’objet d’une exploitation pour la commercialisation de bois. Celle-ci est estimée à 1,9 milliards d’euros, à laquelle il faut ajouter les récoltes de bois qui ne sont pas mises sur le marché et qui sont estimées à environ 1 milliard d’euros. Au total, la valeur ajoutée de l’ensemble de la filière bois s’élève à 12 milliards d’euros. L’exploitation du bois n’est pas la seule source de revenus issus des milieux forestiers, puisque la valeur totale des venaisons (ventes de gibier) retirées des écosystèmes forestiers a été évaluée à un montant compris entre 280 et 320 millions d’euros par an.

 

 

 

 

 

Ces trois secteurs sont donc directement dépendants des services d’approvisionnement et de régulation fournis par la biodiversité.
Ces secteurs dépendent également en partie des écosystèmes étrangers, en important des biens pour les vendre ou les transformer sur le territoire national.
Certaines pratiques engendrent des pressions importantes sur la biodiversité, à l’échelle nationale ou dans d’autres pays. Les dégradations des écosystèmes qui en découlent menacent aujourd’hui la capacité de la nature à nous fournir durablement ces services. (lien article pression)

Le tourisme et les loisirs de plein air 

Le tourisme et les loisirs de plein air 

Les activités de loisirs de plein air, ainsi que certains pans du secteur touristique, bien que dynamiques sur le plan économique, sont directement liés à la biodiversité et à son évolution.
 

45 lits

touristiques pour 100 habitants dans les communes bénéficiant d’espaces naturels protégés, un nombre supérieur à la moyenne nationale de 32 lits.

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Une part importante du tourisme tourné vers la nature
 

Les espaces naturels se voient attribuer une valeur culturelle et récréative importante. Selon l’organisation mondiale du tourisme, 30 % des séjours et 33 % des nuitées se font au sein d’espaces naturels.

En France, le taux de fonction touristique (le rapport entre le nombre de touristes pouvant être accueillis et le nombre d’habitants permanents) est supérieur à la moyenne nationale dans l’ensemble des espaces protégés. Ainsi, en moyenne, pour 100 habitants, on dénombre 45 lits touristiques, tous types d’espace protégé confondus. Des disparités importantes existent néanmoins selon les territoires. Dans certaines communes littorales et de montagne, ce taux dépasse 1000 (La Faute-sur-Mer, Megève). À l'opposé, les taux les plus faibles sont associés aux villes (Paris, Bayonne). L’importance du tourisme dans les espaces protégés montre à la fois l’attrait de la société pour ces espaces et la pression que la surfréquentation peut engendrer sur ces sites.

Carte du taux de fonction touristique en France
Carte du taux de fonction touristique en France Olivier Debuf_OFB

Carte du taux de fonction touristique en France

Des activités de plein air qui génèrent des revenus économiques
 

Le tourisme et les activités de plein air liées à la biodiversité sont également pourvoyeurs d’une activité économique importante. Ainsi, dans les départements et collectivités d’Outre-mer, les activités liées aux récifs coralliens attirent plus d’1 million de visiteurs par an, pour une valeur ajoutée de 315 millions d’euros. Elles sont à l’origine de 2 800 emplois directs dans le secteur des loisirs et de 35 000 emplois indirects dans d’autres secteurs.
 

 

Les écosystèmes sont le support de nombreuses activités de plein air, qui représentent un potentiel récréatif important. Parmi ces milieux, les forêts semblent particulièrement attractives. En 2015, 51 % de la population française déclarait les fréquenter au moins une fois par mois.

 

Diaporama photos

Activités de plein air

Kayak de mer à Moorea (Polynésie française)
Kayak de mer à Moorea (Polynésie française) Nicolas Job / Heos marine
Plongée sous-marine à Pointe Lamare (Martinique)
Plongée sous-marine à Pointe Lamare (Martinique) Benjamin Guichard / OFB
 Sortie aire marine éducative (école de Fort-Mahon-Plage)
Sortie aire marine éducative (école de Fort-Mahon-Plage) Line Viera / OFB
Escalade à Belle-Île (Morbihan)
Escalade à Belle-Île (Morbihan) Oscar Chuberre
VTT et parapente ascensionnel à la Pointe aux Oies (Pas-de-Calais)
VTT et parapente ascensionnel à la Pointe aux Oies (Pas-de-Calais) Line Viera / OFB

75%

des Français de plus de 15ans pratiquent de façon occasionnelle ou régulière un ou plusieurs sports de nature

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Une part importante de la population française pratique également des sports de nature.  Le sport le plus pratiqué est la randonnée, avec près de 15 millions de pratiquants (réguliers ou non). En dehors des activités sportives de nombreuses pratiques se déroulent en interaction avec les écosystèmes (ornithologie, sciences participatives, astronomie, … ). La dépense totale liée aux activités de plein air (sans prélèvement) est d’au moins 5,6 milliards d’euros par an. (EFESE, rapport intermédiaire 2016).

 

 

Randonnée estivale au cœur de prés fleuris
Randonnée estivale au cœur de prés fleuris

 


Les activités de plein air avec prélèvement mobilisent également une partie de la population. Ces activités nécessitent des dépenses en équipement, estimées à 2,3 milliards d’euros par an pour la chasse et 1,3 milliards d’euros par an pour la pêche, tous milieux confondus, en France métropolitaine. En 2015,  1,25 million de personnes étaient à jour de leur cotisation de permis de chasse. La même année,  1,5 million de Français pratiquaient la pêche en milieux aquatiques terrestres et 1,4 million en milieux marins et littoraux.

 


 

Partie de chasse en Occitanie
Chasse en Occitanie
Pêche récréative en montagne
Pêche récréative en montagne

 

La biodiversité fournit à la société des biens et services nécessaires à son bien-être et aux activités économiques. De nombreux secteurs économiques et emplois dépendent donc de son état et de la capacité des écosystèmes à garantir ces services. Les pressions majeures que fait peser l’économie sur la biodiversité constituent autant de menaces à la pérennité de ces services rendus par la nature. Comme d’autres pratiques, les activités en plein air avec prélèvement et sports de nature peuvent avoir un impact potentiellement fort sur les écosystèmes, entraînant leur dégradation.