Surexploitation des ressources
serres agriculture intensive
serres agriculture intensive

Surexploitation des ressources

Surexploitation des ressources


Comment évoluent les pressions liées à la surexploitation des ressources ?

 

Les ressources naturelles sont surexploitées pour satisfaire les besoins humains. Les écosystèmes nous fournissent les ressources que nous consommons : aliments, eau, matériaux, minerais et combustibles. La quantité de ressources naturelles qui est extraite chaque année a presque doublé depuis 1980. La surexploitation concerne aussi bien les ressources naturelles non renouvelables que les renouvelables, qui sont exploitées au-delà de leur capacité de renouvellement (les ressources n’ont pas le temps d’être renouvelées).

La surexploitation des ressources participe fortement à l’érosion de la biodiversité :  destruction d’habitats naturels, réduction des ressources disponibles dont dépendent de nombreuses espèces sauvages, pollutions, perturbation et mortalité de certaines espèces sauvages voire même protégées (récolte/chasse/pêche intensive).

 

mise en exergue

Plus de 55 % de l’océan est exploité par la pêche industrielle. En 2015, plus d’un tiers des stocks de poissons marins mondiaux ont été exploités au-delà de leurs limites biologiques.

Source : lien


 

Introduction

Introduction

Le « jour du dépassement » est le jour de l’année où l’humanité a consommé l’équivalent des ressources que l’ensemble des écosystèmes de la planète peut générer en une année. Calculé par l’ONG américaine Global Footprint Network en partenariat avec le WWF, ce jour arrive de plus en plus tôt tous les ans. Il était en décembre dans les années 1970, en octobre dans les années 1990 et a atteint le 29 juillet en 2018 et 2019. L’année 2020 a connu un recul de cette date du fait de l’épidémie de coronavirus (22 août).


Ainsi, environ 60 milliards de tonnes de ressources renouvelables et non renouvelables sont consommées chaque année dans le monde. Il est estimé qu’il faudrait 1,75 planètes Terre pour tenir durablement le rythme de cette consommation des ressources naturelles, c’est-à-dire sans conduire à une dégradation des écosystèmes et à la perturbation des équilibres naturels (dont le climat). Et si tous les humains consommaient de la même manière qu’un Français, il faudrait alors 2,7 planètes Terre.

Graphique “Jour de dépassement mondial" (1971-2020)
Graphique “Jour de dépassement mondial (1971-2020) Olivier Debuf / OFB

Graphique “Jour de dépassement mondial (1971-2020)

Les causes de la surexploitation des ressources naturelles

Les causes de la surexploitation des ressources naturelles

Différents facteurs sont à l’origine de la surexploitation des ressources naturelles. La croissance démographique augmente les besoins globaux de l’humanité en nourriture, matériaux et énergie. Depuis 1970, la population humaine a plus que doublé, passant de 3,7 à 7,6 milliards. La consommation individuelle de matériaux a également augmenté de 15 % depuis 1980 dans le monde. Cependant, l’accès aux ressources naturelles est très inégal entre les pays, notamment entre le Nord et le Sud. L’Europe, L’Amérique du Nord et la Russie représentent par exemple 39 % de la consommation mondiale d’énergie primaire alors que le continent africain environ 6 % uniquement.

La forte consommation d’hydrocarbures, de certains aliments (viande, soda, etc.), de papier, d’eau et de certains produits, notamment jetables et/ou non recyclés/recyclables (suremballages, déchets électroniques, plastiques, etc.) dans certains pays explique aussi cette surexploitation.

Par ailleurs, les principaux modes de production des ressources ne sont pas durables. Seulement 29 % des exploitations agricoles ont une production durable dans le monde. L’exploitation des ressources marines dans les eaux françaises est encore incompatible avec une gestion durable des stocks de poissons, malgré des améliorations notables de la politique européenne commune de la pêche.  

Une partie importante de la surexploitation des ressources engendrée par la consommation des Français est masquée car leur production n’a souvent pas lieu sur le territoire national, mais via les importations de certaines ressources surexploitées ou cause de surexploitation ailleurs dans le monde (bois exotiques, etc.).

Le cas du braconnage

Le cas du braconnage

Le braconnage est une composante majeure de la surexploitation des espèces animales sauvages. Ce terme désigne la pratique d’une chasse ou d’une pêche illégale, c’est-à-dire ne respectant pas les espèces ou les aires protégées, les périodes, tailles et âges réglementaires ou les techniques autorisées.
 

Diaporama photos

Quelques exemples d'espèces braconnées

Éléphant d’Afrique (Loxodonta)
L’éléphant, braconné pour ses défenses, est inscrit à l’annexe I de la CITES (traité international sur le commerce des espèces sauvages).
Petit mammifère dont le commerce est interdit au niveau international
Petit mammifère dont le commerce est interdit au niveau international, il subit un braconnage effréné en Asie du Sud-Est et en Afrique pour les prétendues vertus curatives et aphrodisiaques de ses écailles.
  Phoques veau-marin (Phoca vitulina)
Son braconnage serait le fait de pêcheurs qui se plaignent qu’il épuise les réserves en poissons. Ici couchés sur un « reposoir » dans la baie d’Authie. Benjamin Guichard / OFB
Civelles en phase de migration dans l’estuaire de la Loire
Civelles en phase de migration dans l’estuaire de la Loire Bruno Sacier / OFB
Tortue verte (Chelonia mydas)
Ses œufs sont braconnés en Guyane et sa viande à Mayotte. De nombreux cadavres ont été découverts sur les plages mahoraises durant le confinement 2020. Benjamin Guichard / OFB

Les braconniers agissent pour des débouchés très divers, qui vont de la consommation personnelle au trafic international (animaux vivants, cornes, défenses, peaux, écailles, plumes, etc.), en passant par le commerce local illégal (chair ou sous-produits).
 
Du fait de la vente en ligne d’animaux et de leurs produits dérivés, le braconnage et le trafic associé sont un enjeu international. L’Union européenne est considérée comme le troisième importateur d’espèces sauvages illégales au monde. À l’inverse, certaines espèces protégées sont braconnées en France pour être exportées vers l’Asie, par exemple les civelles (alevins de l’anguille européenne remontant les rivières).
 
Les conséquences du braconnage sont d’ordre environnemental, économique et social, et potentiellement sanitaire, comme l’a montré la pandémie de Covid-19. L’impact sur les écosystèmes et la biodiversité est très fort et peut mener à la disparition d’espèces.  
 
Au niveau mondial, les espèces braconnées les plus emblématiques sont les éléphants, les rhinocéros, les coraux, les tigres et les grands singes. Toutefois, le braconnage existe aussi en France et concerne diverses espèces.

 

  • Oiseaux (pour leur chair (bruant ortolan), leur chant et leur plumage, ainsi que des rapaces (pourtant tous protégés)
     
  • Mammifères(espèces chassables pour leur viande et les trophées dont les règles ne sont pas respectées, mais aussi des espèces protégées interdites de chasse (phoques, lynx)
     
  • Reptiles (notamment les tortues marines (tortue verte) pour leurs œufs et leur chair
     
  • Poissons et espèces aquatiques (coquillages et crustacés, espèces marines (mérou), espèces migratrices amphihalines (saumon, anguille).
     
Vidéo OFB pour aller plus loin

Agir contre le braconnage du saumon

Les conséquences de la surexploitation des ressources naturelles

Les conséquences de la surexploitation des ressources naturelles

L’exploitation non durable des ressources naturelles dégrade des zones de vie des populations humaines et altère leur santé. Elle détruit aussi des écosystèmes entiers et perturbe leur fonctionnement global, ainsi que tous les services écosystémiques qu’ils assurent. Ces conséquences peuvent être irréversibles, du moins à l’échelle temporelle humaine (le réchauffement climatique par exemple).
 

Morues séchées en Norvège
Morues séchées en Norvège
L'appauvrissement des ressources
 

Les stocks des ressources naturelles peuvent s’appauvrir, en particulier en ce qui concerne les pêcheries. La Morue a par exemple été victime de surpêche dans les Grands Bancs de Terre-Neuve au Canada et les captures se sont effondrées dans les années 70. La quantité pêchée est passée de 810 000 tonnes en 1968 à 150 000 en 1977. En 1992, il est décidé de laisser la population de Morue se reconstruire en imposant un moratoire.

26 %

des populations de poissons pêchés en France sont concernés par la surpêche.

En savoir plusEn savoir plus


En Europe, une accumulation de pressions, dont la surpêche, a provoqué un effondrement des populations de l’Anguille européenne de 90 % dans les années 80. L’espèce est aujourd’hui en danger critique d’extinction. L’Europe a mis en place en 2007 un règlement pour restaurer la population d’Anguille, que la France a décliné sur son territoire en Plan de gestion national Anguille en 2010.

 

Portail national des données sur les poissons migrateurs PONAPOMI
Portail d'accès aux données sur les poissons migrateurs en France

Le portail national poissons migrateurs donne accès aux données et aux ressources documentaires sur les poissons migrateurs amphihalins de France métropolitaine.

Accéder aux ressourcesAccéder aux ressources

La destruction des habitats naturels
 
Assèchement du Doubs
Assèchement du Doubs (août 2018)
Michel Bramard, OFB


L’exploitation non durable des ressources marines et forestières est aussi à l’origine de la perte d’habitats naturels. Dans le monde, la déforestation est grandement due au développement de l’agriculture : tandis que la valeur de la production agricole a quadruplé depuis 1970, la moitié de l’expansion agricole sur de nouvelles terres dans le monde a lieu au détriment des forêts.


L’extraction de sable littoral pose des problèmes d’érosion du trait de côte dans certains pays. L’exploitation de l’or en Guyane, y compris illégale, ou du nickel en Nouvelle-Calédonie impacte la santé humaine et la biodiversité.

L’extraction et l’utilisation des énergies fossiles, ainsi que la déforestation, sont les causes principales du changement climatique. (lien article changement climatique)



La surexploitation peut aussi concerner les ressources en eau, en particulier pour l’irrigation. 75 % des ressources mondiales en eau douce sont consacrées à la culture ou l’élevage. Certains cours d’eau et zones humides peuvent ainsi se retrouver asséchés.

En France métropolitaine, les petits cours d'eau peuvent asséchés en été.

 

 

Petits cours d'eau asséchés en été

18

%

en 2019

Métropole

Petits cours d'eau asséchés en été

18% des cours d'eau suivis étaient asséchés en 2019....
Cas de la mer d'Aral

Cas de la mer d'Aral

Carte de l'évolution temporelle de la superficie de la Mer d’Aral (1960-2014)
Carte de l'évolution temporelle de la superficie de la Mer d’Aral (1960-2014) Olivier Debuf / OFB

Carte de l'évolution temporelle de la superficie de la Mer d’Aral (1960-2014)

La mer d’Aral est un lac salé alimenté par deux fleuves en Asie centrale. Jusqu’en 1960, il était le quatrième plus grand lac au monde, avec une surface de 67 300 km² (soit deux fois la Belgique). Puis, l’irrigation des cultures de coton et blé dans les steppes du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan a privé le lac de l’apport en eau des deux fleuves. La mer d’Aral a ainsi perdu 90 % de sa superficie en 10 ans, ce qui a provoqué une augmentation de la salinité de l’eau et la mort de milliers de poissons.

L’exploitation des ressources naturelles est aujourd’hui à l’origine de plus de 2 500 conflits dans le monde, notamment concernant les combustibles fossiles, l’or, la nourriture et l’eau. Alors que les ressources sont surexploitées, environ 11 % de la population mondiale reste sous-alimentée.