Changement climatique
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Changement climatique

Changement climatique


Comment évoluent les facteurs climatiques affectant la biodiversité ?

 

Les températures mondiales ont augmenté de 1°C depuis l’époque préindustrielle, et le niveau moyen de la mer s’est élevé de 16 à 21 cm depuis 1900. La quantité de gaz à effet de serre rejetée dans l’atmosphère par les activités humaines a doublé depuis 1980 et est à l’origine d’une augmentation de la température moyenne de la planète. Ce réchauffement est beaucoup plus rapide que les précédentes variations climatiques du dernier millénaire.

 

mise en exergue

En France, la température moyenne mesurée en métropole a augmenté de 1,5°C depuis le début du 20ème siècle.

Source : lien


 

Les impacts sur les espèces

Les impacts sur les espèces

Des variations de la température, même faibles, peuvent avoir des conséquences majeures pour le vivant sur le long terme. Lors du dernier maximum glaciaire, il y a 20 000 ans, la température était inférieure de 5°C à celle d’aujourd’hui. L’Europe et l’Amérique du Nord étaient recouvertes par plusieurs kilomètres d’épaisseur de glace. Le niveau de la mer était 120 m plus bas qu’aujourd’hui, permettant ainsi de passer de la France à l’Angleterre sans se mouiller les pieds.

Évolution et écart à la normale des températures moyennes en France depuis 1900
Évolution et écart à la normale des températures moyennes en France depuis 1900 Olivier Debuf / OFB

Évolution et écart à la normale des températures moyennes en France depuis 1900

Le changement climatique est une menace supplémentaire pour près d’un cinquième des espèces déjà menacées selon la Liste rouge de l’UICN. Il a des conséquences sur le cycle de vie des organismes, influençant la distribution spatiale et temporelle de nombreuses espèces. La migration des oiseaux est par exemple impactée : certaines espèces arrivent plus tôt et se retrouvent en décalage avec les ressources alimentaires prélevées auparavant. De plus, elles progressent vers le Nord ou montent davantage en altitude afin de retrouver des conditions écologiques similaires.

UICN Site du Comité français de l'UICN.
Le site de l'UICN donne accès à de nombreuses ressources concernant la biodiversité, en particulier les listes rouges d'espèces menacées

Le site du Comité français de l’UICN permet d’accéder à de nombreuses ressources sur les domaines d’intervention de l’union internationale pour la conservation de la nature et notamment les listes rouges des espèces menacées.

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Date d'arrivée des oiseaux migrateurs

-6

jours

en 2017

Métropole

Date d'arrivée des oiseaux migrateurs

Les oiseaux migrateurs arrivent en France en moyenne 6 jours plus tôt en 2017 qu'en 1989.

Diaporama photos

Quelques exemples d'oiseaux migrateurs

Cigogne (Ciconia ciconia)
Cigogne (Ciconia ciconia) Christophe Lecoustre / OFB
Sterne arctique (Sterna paradisaea)
Sterne arctique (Sterna paradisaea) Jean-Yves Piel / LPO 17
Canard colvert (Anas platyrhynchos)
Canard colvert (Anas platyrhynchos) Benoît Dumeau / OFB
Hirondelle rustique (Hirundo rustica
Hirondelle rustique (Hirundo rustica) Thierry Degen / Terra
Macreuses noires (Melanitta nigra)
Macreuses noires (Melanitta nigra) Mickaël Buanic / OFB

Près de 50%

des mammifères terrestres non volants et près d'un quart des oiseaux sont menacés par le changement climatique

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De nombreuses espèces n’ont pas le temps de s’adapter aux changements rapides des caractéristiques climatiques (augmentation des températures moyennes, des fréquences d’évènements climatiques extrêmes…). C’est le cas par exemple des espèces de plantes pour lesquelles le déplacement de l’aire de répartition est conditionné par le temps que ses graines mettent pour se disperser. Les espèces vivant en montagne remontent à des altitudes de plus en plus élevées et finissent par s’éteindre.

Les impacts sur les milieux marins et littoraux

Les impacts sur les milieux marins et littoraux

Les glaciers, notamment les calottes glaciaires (grandes étendues de glace continentale des régions polaires) fondent et perdent en masse. Leur fonte participe à l’élévation du niveau de la mer, comprise mondialement entre 16 et 21 cm depuis 1900. Cette hausse s’accélère ces dernières années puisqu’elle est deux fois plus rapide qu’avant (3,6 mm par an) et pourrait atteindre 30 à 60 cm d’ici 2100. Elle risque de provoquer l’inondation de nombreuses îles et régions côtières, entraînant des mouvements migratoires pouvant concerner jusqu’à 1 milliard de réfugiés climatiques.

Parc ostréicole le long de la Seudre, à Ronce-les-Bains dans l'anse du gallon d'or
Parc ostréicole le long de la Seudre,
à Ronce-les-Bains dans l'anse du gallon d'or
Laurent Mignaux, Terra


Depuis 1980, l’océan a absorbé entre 20 et 30 % des émissions de dioxyde de carbone d’origine humaine. Cela entraîne une acidification des eaux, qui a des impacts sur l’ensemble des chaînes alimentaires marines. Les récifs coralliens et certains planctons, à la base des écosystèmes, sont les premiers à souffrir de cette acidification rapide des mers. Mais on s’attend également à ce que les ressources alimentaires (conchyliculture et aquaculture) consommées par les populations humaines soient touchées par l’acidification des océans à moyen terme. Des effets de l’acidification ont été démontrés sur les populations d’huîtres et d’ormeaux, affectant leur calcification, leur croissance et leur fonctionnement, et perturbant ainsi toute la biologie de l’animal.


La température des eaux de surface des océans augmente également. L’océan absorbe en effet plus de 90 % de l’excès de chaleur accumulé dans l’atmosphère dû aux activités anthropiques.


Tous ces facteurs résultant du changement climatique ont déjà des conséquences sur la répartition et l’abondance de la faune et de la flore marines, que ce soit dans les régions côtières, en haute mer ou dans les eaux profondes. Il est estimé que la production primaire nette des océans diminuera de 3 à 10 % d’ici la fin du siècle à cause du réchauffement climatique.

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Portail public du système d'information sur le milieu marin

Le portail Milieumarinfrance est le service public d’information sur le milieu marin, il donne accès aux ressources et données du système d’information sur le milieu marin.

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Les impacts sur les montagnes et glaciers

Les impacts sur les montagnes et glaciers

Un suivi scientifique mis en place depuis 2004 a permis de montrer que les glaciers, la neige et le pergélisol (la couche de sol gelée en permanence et imperméable dans les régions arctiques) sont en continuel déclin. Cette fonte augmente le risque d’aléas comme les avalanches, les chutes de pierres ou les inondations.  


Les glaciers français sont victimes du réchauffement climatique. Le manteau neigeux au Col de Porte (massif de la Chartreuse) a diminué en moyenne de 39 cm entre les périodes 1960-1990 et 1990-2017. Cela affecte les espèces de haute montagne car elles perdent leurs habitats, mais également les espaces non montagnards, à cause par exemple de l’altération des régimes des cours d'eau.

Photo “Vêlage d’un glacier”
Photo “Vêlage d’un glacier”
Photo "Fonte du glacier Pasterze en Autriche"
Photo "Fonte du glacier Pasterze en Autriche"
Fonte des glaciers métropolitains

-18,8

mètres équivalent eau

en 2013

Métropole

Fonte des glaciers métropolitains

Les cinq glaciers suivis ont perdu 18,8 mètres équivalent eau en moyenne entre 2001 et 2013.

Les impacts sur les milieux humides et aquatiques

Les impacts sur les milieux humides et aquatiques

La température des eaux de surface et de profondeur des lacs et rivières est impactée par le changement climatique. Les eaux à la surface du lac Léman se sont réchauffées de 1,5°C entre 1970 et 2018. La température des zones profondes du lac (profondeur maximale de 309 mètres) ne cesse d’augmenter depuis 2012, passant d’un minimum de 5,1 °C pour atteindre 5,8 °C en 2018. Cette augmentation modifie l’équilibre chimique et biologique de l’eau, dont la qualité diminue. Elle accentue par exemple le phénomène d’eutrophisation (l’eau s’appauvrit en oxygène à cause d’une trop grande quantité de nutriments qui provoque une prolifération de végétaux aquatiques), impactant de nombreux organismes par asphyxie, notamment certaines espèces de macrophytes et macro-invertébrés.

Les cours d’eau sont sujets à des épisodes de sécheresse plus fréquents, qui peuvent affecter la faune et la flore aquatiques des cours d’eau en question, mais aussi les zones humides qui en dépendent.

Petits cours d'eau asséchés en été

18

%

en 2019

Métropole

Petits cours d'eau asséchés en été

18% des cours d'eau suivis étaient asséchés en 2019.

Les impacts sur les milieux agricoles et forestiers

Les impacts sur les milieux agricoles et forestiers

Les périodes de chaleur extrêmes couplées à la baisse des précipitations dans les régions au sud de l’Europe pourraient nuire à la productivité de l’agriculture. Un des enjeux pour l’agriculture concerne la disponibilité de la ressource en eau pour les cultures (adaptation des cultures moins consommatrices en eau, l'augmentation de l'évapotranspiration), et l’adaptation aux fortes chaleurs pour les animaux d'élevage (adaptation des bâtiments d'élevage pour supporter des plus fortes chaleurs et mise en place d'éléments du paysage types haies comme abri ou point de fraicheur lors de fortes chaleurs).

L’augmentation de la température de l’air rallonge la période de croissance de certains végétaux en Europe. La floraison et les récoltes de différentes cultures ont lieu plus tôt dans la saison. Au Royaume-Uni, 368 espèces de plantes étaient en fleur en janvier 2015 contre seulement une vingtaine 50 ans avant. En France, les dates de vendange arrivent de plus en plus tôt.

Dates de vendanges en France métropolitaine

-18

jours

en 2019

Métropole

Dates de vendanges en France métropolitaine

La date moyenne des vendanges a avancé de 18 jours entre la décennie 1965-1974 et la décennie 2010-2019.

Vignoble Alsacien
Vignoble alsacien 
Florent Billard, OFB
Vendanges
Vendanges


 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Toutes ces modifications pourraient faciliter la prolifération et la propagation de certains insectes parasites ou nuisibles, ou d’herbes envahissantes qui affecteraient le rendement des cultures.


Côté forêts, les sécheresses du sol et de l’air induites par les changements climatiques auront des répercussions sur le développement de certaines essences d’arbres, et par extension sur la vitalité et la viabilité de nombreuses forêts. La plupart des arbres risquent de dépérir à cause d’un manque d’eau, que ce soit dans les régions sèches ou humides. La répartition des essences pourrait venir à changer. En France, il est estimé que le chêne vert, qui est un arbre méditerranéen, pourrait s’étendre jusqu’à la Loire d’ici 2100, à cause de la hausse des températures.

Les sociétés humaines face aux dérèglements climatiques

Les sociétés humaines face aux dérèglements climatiques

Le changement climatique induit une augmentation de la fréquence des événements météorologiques extrêmes, comme les précipitations extrêmes ou les épisodes de sécheresse. Le nombre de jours de forte chaleur est en augmentation dans la plupart des régions terrestres dans le monde.


Les changements climatiques présentent aussi des impacts indirects, liés à la modification des comportements de la société, pour lutter soit contre le changement climatique (atténuation), soit contre ses conséquences (adaptation). Par exemple, une transition énergétique vers une exploitation de la biomasse (une source d’énergie renouvelable) pour essayer d’atténuer le changement climatique peut entraîner une surconsommation susceptible de détériorer des habitats (les forêts par exemple).

Pour essayer de limiter les effets du changement climatique, les pays signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC), dont fait partie la France, se sont donnés pour objectif, en signant l’Accord de Paris (2015), de : « contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement au-dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et en poursuivant l’action menée pour limiter l’élévation de la température à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels, étant entendu que cela réduirait sensiblement les risques et les effets des changements climatiques ».